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En pleine pandémie, il est d’autant plus important d’éviter les préjugés liés au pays d’origine et de favoriser la diversité dans les portefeuilles.

« L’investisseur moyen a la moitié de son allocation en actions canadiennes, alors que les actions canadiennes ne représentent que 3 ou 4 % de l’indice mondial des actions », a souligné Vjosana Klosi, Directrice, construction de portefeuille, Gestion d’actifs CIBC, dans une interview le mois dernier.

Le manque de diversification expose l’investisseur canadien « à un risque de concentration considérable » lié aux secteurs de l’énergie, de l’industrie et de la finance, a-t-elle précisé. L’économie canadienne, qui dépend fortement des prix du pétrole et des matières premières, peut entraîner une plus grande volatilité.

Un autre obstacle pour les investisseurs qui cèdent à la préférence nationale est la corrélation positive des actions canadiennes avec la monnaie canadienne, puisque toutes deux sont liées aux prix du pétrole, a déclaré Vjosana Klosi.

En conséquence, elle suggère d’envisager diverses sources d’exposition aux devises.

Un rapport que Vjosana Klosi a co-rédigé en début d’année indique que les investisseurs devraient généralement éviter les portefeuilles dont l’allocation se concentre sur une ou deux catégories d’actifs en général, ainsi que ceux qui dépendent des liquidités.

« Alors que de nombreux investisseurs conservateurs préfèrent la sécurité des liquidités à d’autres catégories d’actifs, une diversification adéquate sur le long terme s’est avérée plus performante que la plupart des catégories d’actifs individuelles sur une base ajustée au risque », indique le rapport.

Le rapport montre que les actions (principalement américaines) ont obtenu les rendements annuels les plus élevés au cours de cinq des six dernières années.

Bien sûr, les risques actuels du marché et la volatilité découlant d’une potentielle deuxième vague de COVID-19 ne peuvent pas être sous-estimés, pas plus que le poids des niveaux croissants de la dette des ménages par rapport au PIB qui sont « principalement une fonction de l’endettement du secteur du logement », a dit Vjosana Klosi dans l’interview.

« Même dans les portefeuilles bien diversifiés, les corrélations entre les différentes classes d’actifs ont tendance à augmenter pendant les crises financières », a-t-elle assuré, ajoutant que les actions ont tendance à contribuer à la part du lion (90%) de la volatilité par rapport aux revenus fixes (10%).

Compte tenu des taux d’intérêt historiquement bas, tendance qui ne devrait pas s’inverser de sitôt, le rapport de la CIBC a proposé une liste de possibles diversificateurs de portefeuille. Il s’agit notamment des actifs réels, des actions des marchés émergents, des prêts à taux variable et des titres à revenu fixe multisectoriels. Ce dernier comprend des allocations tactiques à des titres tels que des obligations d’État et d’agences mondiales, des obligations d’entreprises de qualité et à haut rendement, et des titres adossés à des actifs.

Les classes d’actifs alternatives sont une autre option qui prend de plus en plus d’importance.

« [La volatilité] peut être partiellement atténuée par des investissements dans des classes d’actifs alternatifs avec des profils de risque et de rendement distincts, ce qui permet de résoudre le problème de la performance des portefeuilles équilibrés et augmente la probabilité d’atteindre les objectifs d’investissement à long terme des clients », a commenté Vjosana Klosi.

Son conseil général pour aider les investisseurs à éviter les erreurs émotionnelles et à tenir compte des risques actuels est de continuer à insister sur la valeur de la planification à long terme.

« Un cadre de répartition des actifs devrait aider les investisseurs à rester investis à long terme et à éviter de courir après les performances des classes d’actifs dominantes, a-t-elle affirmé. Cette erreur courante des investisseurs a entraîné un écart mesurable dans les performances de ce que l’investisseur gagne et de ce que le gestionnaire de fonds déclare. »

Lors de baisses spectaculaires des marchés, les erreurs sont amplifiées, a-t-elle dit, parce que les sorties plus importantes près du creux du marché passent souvent à côté des rebonds.

Cet article fait partie du programme AdvisorToGo, mis en place par la CIBC. Il a été écrit sans la participation du commanditaire.