La diminution du nombre de cartes de crédit en circulation au Canada l’année dernière n’a pas empêché les consommateurs de s’enfoncer dans les dettes, selon un sondage de TransUnion.

À la fin de 2016, 43,4 millions de cartes de crédit étaient en circulation au pays, soit 814 000 de moins qu’au quatrième trimestre de 2015. Ce résultat s’explique par une faible demande en nouvelles cartes au cours des neuf premiers mois de 2016.

Mais ce n’est pas parce que les Canadiens souscrivent moins de nouvelles cartes qu’ils limitent l’utilisation de celles qu’ils ont déjà en leur possession, bien au contraire. Le nombre de consommateurs faisant activement usage de leur carte de crédit est ainsi passé à 20,6 millions à la fin de l’année dernière, contre 20,3 millions au quatrième trimestre 2015. Le solde déficitaire moyen des emprunteurs s’est pour sa part établi à 4 094 $ au Canada (+2,3 %), et à 3 273 $ au Québec (+3,7 %).

Cette tendance à l’endettement n’a pas empêché les prêteurs d’augmenter les limites de leurs cartes d’environ 3,41 % en 2016.

« Une augmentation de l’utilisation des cartes a été constatée à tous les niveaux de risque de crédit à la consommation, et par conséquent, certains prêteurs semblent augmenter les lignes de crédit allouées à leurs clients afin de tirer parti de cet effet de loyauté. Nous pouvons nous attendre à ce qu’un nombre croissant de prêteurs augmente leurs lignes de crédit aux détenteurs de cartes en réponse à cette augmentation de la demande », explique dans un communiqué Chris Dias, vice-président directeur de la création de nouveaux produits et de l’analytique pour TransUnion Canada.

Selon lui, il s’agit d’une bonne nouvelle pour les consommateurs, puisque ceux-ci pourront bénéficier d’une plus grande concurrence entre les prêteurs et d’un meilleur accès au crédit.

DÉFAUTS DE PAIEMENT EN LÉGÈRE BAISSE

L’utilisation accrue des cartes de crédit par les Canadiens explique en partie l’augmentation de 2,18 % du niveau d’endettement moyen non hypothécaire au pays. Celui-ci s’est chiffré à 21 912 $ en 2016, comparativement à 21 444 $ en 2015. Les Québécois affichent de leur côté une dette sensiblement moins élevée que la moyenne canadienne (18 190 $), mais une plus forte hausse de leur niveau d’endettement l’année dernière (3,22 %).

Sur une note plus positive, le taux de défaut de paiement supérieur à 90 jours a reculé de 1,92% au pays et de 1,20% au Québec. Risque-t-il de repartir à la hausse si les taux d’intérêt se resserrent?

« Nous sommes d’avis que les faibles taux d’intérêt actuels devraient augmenter à un moment donné. Toutefois, ce scénario n’a pas encore dissuadé les consommateurs canadiens, et nous pensons que l’extrême majorité d’entre eux sera en mesure de faire face à l’impact de ces hausses », soutient M. Dias.

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