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Leur relative stabilité politique et leurs efforts de « régionalisation » sont prometteurs pour les investisseurs, croit Michael Reynal, chef des investissements pour Sophus Capital.

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« On voit la croissance ralentir quelque peu dans les pays émergents, notamment en Europe de l’Est et dans les marchés plus susceptibles à la demande de capitaux, qui sont plus difficiles à obtenir qu’avant, comme la Turquie, l’Argentine, l’Afrique du Sud ou l’Asie. Mais d’un autre côté, ces marchés continuent de se porter bien et de s’améliorer », dit Michael Reynal.

L’expert fait notamment référence à leur situation politique, qui peut traverser des soubresauts comme c’est le cas en ce moment au Mexique, au Brésil ou en Hongrie. Il y a aussi le ralentissement économique de la Chine, qui porte sur ses épaules le gros de la croissance mondiale.

« Quand la Chine ralentit, le commerce mondial ralentit. On craint notamment que les matières premières souffrent d’investissements réduits dans les infrastructures en Chine. Mais nous ne sommes pas inquiets car la croissance chinoise même ralentie demeure entre 6 et 6,5 %, et elle repose en majeure partie sur des facteurs internes comme la consommation et l’essor de la classe moyenne », dit Michael Reynal.

Si les pays développés ont connu une certaine croissance récemment, notamment en raison de la réforme fiscale américaine, celle-ci cessera progressivement de porter ses fruits dans les prochains mois, note-t-il. Et la croissance américaine est menacée par un creusement du déficit, qui est « inquiétant pour leur économie et leur devise », dit-il. « Ironiquement, cela profite aux pays émergents. »

Michael Reynal voit d’un bon œil un aspect peu souvent évoqué des marchés émergents : leur relative stabilité politique.

« Leur volatilité politique est moins importante que par le passé. On ne voit pas vraiment de révolutions, il y a bien sûr quelques dictateurs et des tendances négatives dans des pays comme la Turquie, mais dans l’ensemble les élections se déroulent de façon étonnamment correcte et l’accès à ces marchés est plutôt ouvert, tant pour les voyages que pour les affaires. La volatilité politique n’est donc pas ma plus grande inquiétude », dit-il.

« Je surveillerais de plus près le phénomène de régionalisation auquel on assiste à travers le monde. On arrive à la fin d’une période de 70 ans pendant laquelles les États-Unis ont été les gardiens de la paix mondiale, et plusieurs pays devront désormais prendre d’eux-mêmes en charge leur sécurité et devront se montrer plus compétitives. Mais on observe en même temps une intégration au sein de certaines régions », dit Michael Reynal.

« On l’a vu en Asie avec l’initiative « La ceinture et la route » des Chinois, qui investissent leur expertise et leurs fonds dans de nombreux pays. Je m’attends aussi à voir des rapprochements entre l’Est et l’Ouest en Europe, et j’espère en voir aussi en Amérique du Sud. Nous continuons d’investir dans ces régions car malgré leur volatilité, elles offrent des promesses. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.