Les prix du pétrole devraient demeurer stables en 2018, mais plusieurs scénarios pourraient changer la donne, prévient Brian See, vice-président à Gestion d’actifs CIBC.

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« On s’attend à ce que les prix du baril demeurent entre 55 et 60 $ US toute l’année prochaine, notamment suivant la décision des membres de l’OPEP de maintenir leurs quotas de production. C’est une bonne tranche de prix, car elle permet aux producteurs d’amortir leurs coûts et d’exporter sur les marchés mondiaux », dit Brian See.

Cependant, le pétrole est une matière première soumise à de nombreux enjeux mondiaux, et plusieurs scénarios pourraient affecter les prix de manière imprévue, croit l’expert. À commencer par le respect de l’entente conclue le 30 novembre entre les membres de l’OPEP.

« On a déjà vu des membres de l’organisation tricher et accroître leur production malgré les quotas sur lesquels ils s’étaient entendus. Il faudra aussi surveiller la Russie [qui s’est engagée aux côtés de l’OPEP] », dit Brian See.

« Ensuite, la production américaine, qui s’est accrue ces dernières années, pourrait encore gagner de 0,6 à 1 million de barils par jour, ce qui rendrait le pétrole encore plus économique pour les Américains. »

Et il y a bien sûr le risque géopolitique.

« Les conflits en Irak et dans la région du Kurdistan, la décision de l’administration Trump d’annuler l’entente américaine avec l’Iran, et les divers événements qui se déroulent au Nigeria et en Lybie sont autant d’éléments qui pourraient retirer une partie de la production du marché », croit Brian See.

Du côté des producteurs canadiens, aucun risque de conflit à l’horizon, mais plutôt d’engorgement. En effet, les pipelines qui servent aux producteurs des sables bitumineux d’Alberta à acheminer leur production vers les États-Unis viennent à manquer de capacité.

« L’enjeu de 2018 pour les producteurs canadiens sera d’acheminer leur production à leur clientèle malgré les limites de capacité des pipelines. Ils auront sûrement beaucoup recours au transport ferroviaire, en tout cas jusqu’à que de nouvelles capacités s’ajoutent au réseau de pipelines. Et ce n’est pas encore le cas », commente l’expert.

Pour les investisseurs sur le marché canadien, c’est donc vers les transports ferroviaires qu’il faudra se tourner pour voir de la croissance liée au pétrole, ou encore vers les pétrolières qui ont signé des ententes d’acheminement pour leur production en 2018, conclut Brian See.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.