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Soutenu par de nouvelles hausses de taux, le huard devrait repasser au-dessus de la barre des 80 cents américains, croit Luc de la Durantaye, chef des placements et chef de la stratégie pour Gestion d’actifs CIBC.

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« L’économie canadienne se porte assez bien. Le taux de chômage est à un bas historique, et la croissance des salaires demeure relativement basse. C’est un point important, car l’endettement des ménages est élevé au pays », dit Luc de la Durantaye.

L’expert croit que les Canadiens utiliseront leur revenu supplémentaire pour rembourser davantage leurs dettes, d’autant plus qu’ils démontrent un niveau de confiance élevé dans la croissance économique. Cette confiance provient de la santé du marché du travail, mais aussi du dénouement positif des négociations sur l’ALENA, dont la nouvelle mouture s’appellera l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC). Il faut ajouter à cela la vigueur des exportations canadiennes grâce à une croissance économique soutenue au niveau mondial et à des prix du pétrole relativement élevés. « L’économie canadienne va donc assez bien pour soutenir la devise », dit-il.

« Du côté de la Banque du Canada, la réduction de l’endettement des ménages devrait l’encourager à continuer sa politique de normalisation monétaire, en haussant les taux deux ou trois fois dans les douze prochains mois. Elle n’ira probablement pas aussi vite qu’avec la Fed, mais son changement de ton permettra de soutenir le dollar canadien », poursuit Luc de la Durantaye.

Selon lui, le huard devrait retrouver ses pics de l’année passée, soit de 81 à 82 cents américains. « Mais plus élevé que ça, ça va être difficile », prévient-il.

La raison : trois « vents de face » pour l’économie canadienne, soient un degré de productivité inférieur à celui des États-Unis, des prix du pétrole qui souffrent encore d’un escompte élevé face aux prix américains, et un important déficit du compte courant. « Un pays ne peut pas se permettre une devise surévaluée dans ces conditions », dit l’expert. Au-delà de 81 ou 82 cents américains, la valeur du huard sera donc « difficile à soutenir ».

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.