Homme d'affaire s'apprêtant à faire éclater une bulle avec une aiguille.
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Mieux vaut se tenir loin des obligations de sociétés américaines dont les prix sont artificiellement gonflés, prévient Ignacio Sosa, directeur en chef, Groupe de solutions de produit, pour DoubleLine Capital à Los Angeles.

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« Le niveau d’endettement des sociétés atteint actuellement des records et le fait que la moitié des titres de la catégorie investissement méritent tout juste cette appellation laisse présager qu’en cas de récession prolongée, beaucoup vont la perdre », s’inquiète Ignacio Sosa.

Selon l’expert, le ralentissement soudain de l’économie américaine engendre des difficultés d’une ampleur jamais vue non seulement depuis la crise financière de 2008, mais aussi depuis la Grande dépression de 1929. Les perspectives économiques des États-Unis ne sont pas très encourageantes et « très peu d’entreprises sont équipées pour y faire face », note-t-il.

« Il faut d’autant plus se méfier des obligations de catégorie investissement que leurs prix ont été gonflés artificiellement par le programme fédéral d’achat massif de titres. On injecte des liquidités dans le marché, mais cela ne veut pas dire que la qualité du crédit sous-jacent s’améliore. En fait, elle empire de jour en jour! » dit Ignacio Sosa.

VERS QUOI SE TOURNER?

Selon lui, les investisseurs obligataires feraient mieux de s’intéresser aux pans du marché qui ne sont pas soutenus par le gouvernement, car leurs prix reflètent plus adéquatement la réalité. Et ils devraient aussi éviter les longues échéances.

« La Fed veut clairement éviter de voir croître les rendements à moyen et long terme, et le gouvernement est en train de creuser un déficit jamais vu depuis la Deuxième guerre mondiale. Ce n’est donc clairement pas le moment d’opter pour des titres à long terme », avertit Ignacio Sosa.

L’expert se range plutôt du côté des pessimistes quant à la progression de la crise provoquée par la pandémie.

« On ne sait pas dans combien de temps la reprise surviendra et à quelle vitesse les affaires reprendront, mais nous entrevoyons un délai plus long que le consensus du marché. Nous ne voyons pas de reprise en V ni en U; elle prendra bien plus longtemps. Même si certains États commencent à rouvrir leur économie, les employeurs ne vont pas réembaucher tout le monde dès le premier jour, mais vont attendre de revenir à la normale. Cela peut prendre des mois ou des années avant qu’on retrouve les taux d’emploi de janvier et février 2020. »