Des roupies sur une table, des billets et des pièces.
shylendrahoode / iStock

À long terme, les devises de certains pays émergents s’avèrent les plus attrayantes, selon Michael Sager, vice-président, multi-actifs et devises, Gestion d’actifs CIBC.

Cliquez ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct, de la CIBC

« Les perspectives de croissance s’améliorent depuis plusieurs mois et elles poussent vers le haut les rendements obligataires de même que l’inflation. Il est important de considérer ce que cela implique selon les devises », dit Michael Sager.

« La grande gagnante est le dollar américain, car le monde entier a connu un regain d’optimisme avec la rapidité des vaccinations aux États-Unis et le programme de relance de l’administration Biden. Ces développements sont positifs pour la croissance et l’inflation chez nos voisins du Sud. Il y a un sentiment d’exceptionnalisme américain dans les marchés et les obligations américaines mènent la tendance des hausses de rendements. Mais à long terme, le déficit américain va se creuser en raison des programmes de relance et ce sera négatif pour leur dollar », explique Michael Sager.

« Les grandes perdantes, en revanche, ont été les devises des pays développés où l’on ne s’attend pas à des hausses de rendements, car ils sont maintenus en bas de la courbe par les décideurs politiques. Je pense au yen japonais, au franc suisse et à l’euro : elles perdent en valeur face au dollar américain », poursuit l’expert.

Selon lui, la situation des pays émergents est plus intéressante, car plusieurs d’entre eux ont vu leurs facteurs macro-économiques s’améliorer dans les dernières décennies, de même que la crédibilité de leurs politiques. Même dans les cas où les devises ont perdu du terrain à court terme, elles demeurent attrayantes à long terme.

Le dollar canadien est possiblement prometteur à court terme, notamment grâce aux perspectives positives du pétrole dans un contexte de reprise économique mondiale. L’expert entrevoit des gains additionnels de 3 à 5 % sur le billet vert. Mais c’est une performance moins encourageante que celle des devises émergentes, selon lui.

« Si on regarde les facteurs à long terme qui influencent la valeur des devises, comme la productivité, l’endettement, le compte courant, même si l’économie canadienne est comparable et même peut-être en meilleure forme que celle des États-Unis, les perspectives du huard ne sont pas à la hauteur de celles de devises émergentes comme le renminbi chinois, le rouble russe et la roupie indienne », tranche Michael Sager.

Au bout du compte, il recommande de ne pas seulement s’intéresser aux deux devises habituellement préférées par les investisseurs canadiens, car c’est dans les devises étrangères que se trouvent les meilleures occasions à long terme.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.