Les gouvernements du Panama et de la France s’apprêtent à négocier un renforcement de leur coopération en matière fiscale, rapporte l’Agence France-Presse (AFP).

Les pourparlers, qui débutent cette semaine, ont été lancés à l’initiative du ministère français de l’Économie et des Finances. Rappelons que Paris a remis le pays d’Amérique centrale sur sa liste des paradis fiscaux à la suite du scandale des Panama Papers.

Leur objectif est d’« établir une feuille de route qui permette de répondre à différents points en suspens en termes de transparence et de coopération fiscale » entre les deux pays, indique un communiqué du gouvernement panaméen. Celui-ci s’attend à ce que la France reconnaisse les avancées qu’il a faites en cette matière.

MULTIPLICATION DES CONTRÔLES FISCAUX

En avril 2016, dans la foulée de la publication des Panama Papers, Paris avait décidé de réinscrire le Panama dans sa liste des « territoires non coopératifs » en matière de fiscalité, une mesure qui est entrée en vigueur le 1er janvier.

Dans l’Hexagone, le Front national (parti d’extrême droite) et la banque Société Générale, notamment, ont été éclaboussés par les révélations du consortium international de journalistes à l’origine de la divulgation de ces documents. Ceux-ci nommaient des centaines de personnalités à travers le monde ayant ouvert des comptes dans des paradis fiscaux grâce au cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca.

Selon le quotidien français Le Monde, la Société Générale figurait même parmi les cinq banques qui ont le plus souvent utilisé les services de Mossack Fonseca pour créer des sociétés-écrans et ainsi faciliter l’évasion fiscale de riches clients. En novembre dernier, le ministère de l’Économie et des Finances français a indiqué avoir diligenté 560 contrôles fiscaux sur la base de ces révélations.

« UN PREMIER PAS POUR RÉTABLIR LA CONFIANCE »

Dans un premier temps, le président panaméen Juan Carlos Varela avait menacé la France de représailles si elle replaçait son pays sur la liste des paradis fiscaux, après l’en avoir retiré en 2012. Le Parlement local a même approuvé, en septembre, un projet de loi prévoyant des mesures douanières, fiscales et migratoires à l’encontre des pays ou organisations internationales qui accuseraient le pays d’être un paradis fiscal.

Néanmoins, le gouvernement panaméen a changé de discours depuis, puisqu’il qualifie désormais l’offre de dialogue française de « constructive » et estime qu’il s’agit là d’un « premier pas pour rétablir la confiance mutuelle », souligne l’AFP.

En octobre dernier, le Panama a ratifié la convention multilatérale contre la fraude fiscale mise sur pied par l’Organisation de coopération et de développement économiques, rappelle l’agence de presse. Cet accord lui impose de transmettre des informations fiscales à chaque pays signataire qui en fait la demande.

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