Chantier de construction dans une ville moderne.
Photo : NejroN / 123RF

La « pause » des banques centrales et la faible croissance devraient profiter à cette catégorie d’actif, dit Larry Antonatos, directeur général et gestionnaire de portefeuille chez Brookfield Investment Management.

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« Voilà un an, je m’inquiétais des hausses de taux encouragées par une accélération de la croissance économique. Je pensais que cela nuirait aux actifs réels et que le reste du marché des actions surperformerait en comparaison. Les bons du Trésor américain sur dix ans ont crû de 0,50 % pendant les six mois suivants et les actions de nature plus cyclique ont surperformé. Mais au quatrième trimestre, les choses ont rapidement changé », dit Larry Antonatos.

La chute de la fin 2018 a deux fois moins affecté des actifs réels comme l’immobilier et les infrastructures que le reste du marché, note l’expert. Il a reconnu là une caractéristique importante de cette catégorie d’actif.

« Les actifs réels reflètent moins les baisses que d’autres types d’actions car leurs flux de liquidités sont plus stables, qu’il s’agisse de baux à long terme dans le cas de l’immobilier, ou d’éléments fondamentaux plus attrayants dans le cas des infrastructures », dit Larry Antonatos.

Selon lui, les infrastructures sont plus stables tant du point de vue de l’offre et de la demande que de la tarification.

« Leur offre est habituellement limitée par leur statut de monopole ou de quasi-monopole, et leur demande est stabilisée du fait qu’elles offrent des services essentiels peu sensibles aux variations du PIB. Quant à leur tarification, elle est le plus souvent encadrée par la réglementation », explique M. Antonatos.

Dans les mois à venir, l’expert entrevoit un environnement macro-économique « plus bas plus longtemps » (lower for longer) où l’inflation et les taux d’intérêt progressent tous deux très modestement. Et cela est très bon pour les actifs réels, selon lui.

« Leurs caractéristiques défensives conviennent parfaitement à cet environnement. À l’inverse, toute accélération marquée de la croissance fera surperformer les actions de nature cyclique par rapport aux actifs réels », dit-il.

Alors qu’une fin de cycle économique est annoncée après un nombre record d’années de croissance, Larry Antonatos ne s’inquiète pas pour les actifs réels, au contraire.

« Beaucoup de gens voient un risque dans l’immobilier parce que sa reprise s’est poursuivie sans cesse depuis la crise financière voilà dix ans. Mais les problèmes de ce secteur proviennent habituellement de deux facteurs : une offre excessive, ou une demande en déclin », dit l’expert.

Il cite les statistiques américaines selon lesquelles la construction dans l’immobilier commercial correspond en moyenne à 2 % de l’offre existante, chaque année en moyenne depuis 1970. Après la crise financière, cette proportion est tombée à 0,5 %, avant de remonter à sa moyenne à long terme de 2 %. Aujourd’hui, elle est de 1,50 %.

« Cela veut dire que l’offre en immobilier commerciale reste encore contrôlée. L’interrogation est plutôt du côté de la demande : comment sera-t-elle affectée à mesure que l’économie évolue? Mais du côté de l’offre, la situation est maîtrisée. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.