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Chaque année, l’assemblée générale annuelle de Berkshire Hathaway, le conglomérat de Warren Buffett, fait les manchettes. Maintenant que le milliardaire a atteint l’âge respectable de 88 ans, la question de sa succession se fait de plus en plus pressante, rapporte l’Agence France-Presse (AFP).

Warren Buffett travaillerait lui-même à sa succession depuis plusieurs années. À ce stade, quatre candidats seraient pressentis pour remplir les très gros souliers de l’Oracle d’Omaha. Gregory Abel, 57 ans et Ajit Jain, 67 ans, entrés au conseil d’administration l’an dernier, font figure de favoris.

Le premier a amorcé son passage chez Berkshire dans la division énergie avant de prendre le contrôle en 2017 de toutes les activités du fonds, hors assurance. Le second dirige justement la division assurance, lui qui est entré à Berkshire en 1986. Todd Combs, 48 ans et Ted Weschler, 56 ans, sont aussi sur les rangs. Ils gèrent les investissements de Warren Buffett et de son partenaire Charles Munger.

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Cité par l’AFP, Meyer Shields, de Keefe, Bruyette et Woods, soutient que la course se jouera entre Gregory Abel et Ajit Jain. Le premier serait favori en raison de sa plus vaste expérience des activités hors assurance. Le second serait aussi moins intéressé à faire parler de lui et préférerait se concentrer sur l’assurance, croit Macrae Sykes, expert chez Gabelli & Company. Il va sans dire que le successeur de Warren Buffett deviendra illico un personnage très médiatisé.

Comme dans toute bonne course, un négligé pourrait remonter le peloton et causer la surprise. À ce titre, le nom de Tracy Britt Cool, 35 ans, bras droit de Warren Buffett depuis une décennie et diplômée d’Harvard, est parfois mentionné. 

LE COÛT DU DÉPART

Peu importe qui est nommé, « les marchés financiers vont initialement réagir négativement parce que les investisseurs se sont beaucoup reposés sur l’image publique de M. Buffett pour juger Berkshire Hathaway et ont oublié la faible transparence de la société », avance Meyer Shields.

Gregori Volokhine, gérant de portefeuille chez Meeschaert Financial Services, va jusqu’à dire que la présence de Warren Buffett gonfle la valeur en Bourse de Berkshire de 10 à 15 % au-delà de sa valeur réelle. La politique d’investissement du fonds, basé sur l’achat de valeurs sûres, ne devrait pas trop changer même après le départ du fondateur.

BERKSHIRE ENTRE DANS AMAZON

Ce qui vient de changer toutefois, c’est que pour la première fois Berkshire a décidé de miser sur Amazon. Berkshire était toutefois déjà partenaire d’Amazon, avec JPMorgan Chase & Co, dans une entreprise du secteur de la santé. 

Warren Buffett soutient avoir sous-estimé le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos. Il a même ajouté récemment qu’il était un adepte du commerçant en ligne et qu’il avait été « un idiot de ne pas acheter » d’actions plus tôt, peut-on lire sur Bloomberg. 

L’achat de titres d’Amazon aurait été fait par Todd Combs et Ted Weschler. Pendant longtemps, Warren Buffett a évité le secteur des technologies, affirmant mal comprendre ces produits et ces marchés. Ce n’est qu’en 2016 que Berkshire a commencé à acheter des actions d’Apple, dans lequel il possède désormais des parts valant 50 milliards de dollars américains (67,1 G $ CA).