Une dame tient son porte-monnaie
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Les millions de baby-boomers qui arrivent à la retraite et qui sont confrontés à une « décumulation de 1,5 billion de dollars » ont besoin de meilleures options pour obtenir un revenu fiable à mesure qu’ils vieillissent, selon un nouveau rapport de DP Pools.

Le rapport de l’Institut national sur le vieillissement (NIA) de l’Université Ryerson et de l’Institut mondial du risque indique que le déclin des régimes de retraite professionnels traditionnels à prestations déterminées fait que les retraités d’aujourd’hui dépendent davantage de leur épargne personnelle et de véhicules d’épargne-retraite de qualité inférieure.

Bien que de nombreux Canadiens aient réagi en augmentant leurs cotisations aux REER et en utilisant des régimes à cotisations déterminées (CD), ce qui a conduit à l’investissement de 1,5 billion de dollars dans ces véhicules, le rapport souligne certains inconvénients.

Ceux-ci comprennent un manque de « revenu viager fiable », étant donné que les gens doivent choisir entre acheter des rentes viagères « très impopulaires » ou transférer leur argent dans des fonds de revenu de retraite personnels ou immobilisés qui pourraient nécessiter une gestion individuelle de la décumulation.

Une alternative à cette situation est un fonds de pension dynamique, également connu sous le nom de rente viagère à paiement variable (RVPV).

Pourtant, le cadre des pensions au Canada ne permet qu’un accès limité à de tels produits, selon le rapport, suite à une démarche en 2018 d’une coalition d’experts en pensions qui ont demandé au gouvernement de modifier les règles fiscales et de pensions.

Les RVPV ont été positionnés comme un véhicule efficace de partage des risques, moins coûteux que les rentes traditionnelles, mais qui offrent toujours la gestion professionnelle de l’argent dont les retraités ont besoin.

En juin, le gouvernement fédéral a adopté une loi autorisant la création de fonds communs de RVPV par les promoteurs de régimes CD enregistrés et les fournisseurs de régimes de pension agréés collectifs (RPAC).

Toutefois, les actifs des régimes CD ne représentent que 10 % des 1 500 milliards de dollars d’épargne individuelle enregistrée au Canada, selon le rapport de la NIA, ce qui couvre moins de 7 % des travailleurs canadiens.

Étant donné que la majorité des retraités disposant d’une épargne enregistrée n’ont pas accès aux RVPV que – et qu’ils risquent de manquer d’argent ou même de mal gérer leur argent – le rapport suggère que le cadre réglementaire soit réexaminé une fois de plus.

Les RVPV devraient être en mesure d’accepter des actifs provenant de tous les types de régimes enregistrés, suggère le rapport, et devraient être proposés à un groupe plus large de retraités, indépendamment de leur parcours professionnel.

Selon le rapport du NIA, la façon la plus viable d’offrir des RVPV est de recourir à des véhicules autonomes, par opposition à ceux qui sont offerts dans le cadre de régimes CD ou de RPAC, ou même dans le cadre de produits de valeurs mobilières.

L’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes a fait pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il élargisse l’accès aux RVPV. Le fait de limiter les rentes aux membres de grands régimes désavantage « ceux qui travaillent pour de petits employeurs ou qui épargnent par le biais d’autres types de régimes de retraite », a déclaré l’association dans un mémoire présenté avant le budget fédéral de 2021.

Bonnie-Jeanne MacDonald, directrice de la recherche sur la sécurité financière du NIA et auteur principal du rapport, estime qu’il est impératif de trouver une solution.

« Les marchés financiers, l’inflation et les dépenses de santé ne sont que quelques-unes des grandes inconnues auxquelles les retraités devront faire face sur 10, 20, 30 ou même 40 ans », a-t-elle souligné dans un communiqué.

Bien que les retraités doivent évaluer leurs besoins et comprendre pleinement les RVPV, y compris la façon dont ils affectent différemment la planification successorale, les véhicules ont « un profil risque-récompense qui est fondamentalement différent » des autres produits, rapporte Barbara Sanders, professeur associé à l’Université Simon Fraser et co-auteur du rapport.

Le rapport sur les RVPV e est fondé sur une série d’entrevues menées auprès d’organisations qui ont déjà des RVPV dans leur régime de retraite ou qui étaient disposées à en ajouter un. La recherche a également inclus des conversations avec des intervenants du secteur des pensions sur la réglementation, plus l’utilisation de données de Statistique Canada provenant de son Enquête sur la sécurité financière de 2019.