Pour la troisième année consécutive, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) ont publié des données sur la présence de femmes dans les conseils d’administration et les hautes directions d’entreprises cotées en Bourse.

L’analyse des chiffres permet un constat fort simple : ça avance, mais lentement. Le pourcentage des postes occupés par des femmes y est passé de 11 à 14 % de 2015 à 2017. La proportion d’émetteurs comptant au moins une femme à leur CA a connu une progression intéressante, passant de 49 à 61 %, mais les émetteurs comptant trois femmes ou plus à leur CA restent largement minoritaires (11 %).

PLUS DE FEMMES DANS LES GRANDES ENTREPRISES

Fait intéressant, les entreprises dont la capitalisation boursière est plus importante sont plus nombreuses à faire une place aux femmes dans leur CA. En effet, 24 % des postes sont occupés par des femmes chez des émetteurs dont la capitalisation boursière excède 10 milliards de dollars, une progression de trois points de pourcentage depuis 2015. Chez les émetteurs dont la capitalisation boursière excède 1 milliard de dollars, le nombre de postes occupés par des femmes est de 20 %, en hausse de quatre points de pourcentage depuis 2015.

LE SECTEUR ÉNERGÉTIQUE RESTE MASCULIN

Le nombre de femmes au conseil varie aussi en fonction du secteur d’activité de l’entreprise. Elles sont très présentes dans le commerce de détail (89 %), les services publics (86 %) et le secteur manufacturier (84%). En revanche, seulement 45 % des entreprises dans le secteur du pétrole et du gaz, 52 % dans le secteur des technologies et 54 % dans celui des mines comptaient au moins une femme à leur CA.

PEU DE POLITIQUES PRÉCISES

Par ailleurs, seulement 35 % des émetteurs ont adopté une politique sur la représentation féminine au conseil. C’est peu, mais c’est aussi là que l’on retrouve la plus forte avancée. En effet, seulement 15 % en avaient une il y a à peine trois ans.

Seulement 11 % des émetteurs ont des cibles de représentation féminine à leur CA. Toutefois, 65 % des émetteurs soutiennent tenir compte de la représentation féminine au conseil dans leurs procédures de recherche et de sélection de candidats aux postes d’administrateurs.

PEU DE MOUVEMENT DANS LES HAUTES DIRECTIONS

Du côté des dirigeants d’entreprise, les progrès se font à pas de tortue. Ainsi, 62 % des émetteurs comptaient au moins un femme à la haute direction, une faible progression de deux points de pourcentage en trois ans. À peine 3 % des entreprises ont des cibles de représentation féminine à la haute direction. En revanche, 58 % des émetteurs soutiennent tenir compte de la représentation des femmes dans le choix des membres de la haute direction.

En 2017, 80 % des émetteurs du secteur immobilier et 79 % de ceux du secteur manufacturier comptaient au moins une femme dans leur haute direction, contre 48% pour les compagnies minières et 52 % pour les entreprises du pétrole et du gaz.

Rappelons que depuis 2014, les ACVM exigent des émetteurs non émergents qu’ils fournissent des renseignements sur la représentation des femmes dans leur conseil d’administration et leur haute direction, ainsi que sur leurs politiques ou cibles de nominations de femmes dans ces postes. Au 31 mai 2017, 788émetteurs sur environ 1 500 inscrits à la Bourse de Toronto étaient assujettis à ces règles.

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