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Les échéances à court terme offrent une bonne protection aux portefeuilles obligataires dans le contexte actuel, dit Jean Gauthier, directeur général et chef des placements, titres mondiaux à revenu fixe pour Gestion d’actifs CIBC.

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« Dans toute stratégie de placement mondial, il est important de détenir des obligations pour diversifier et protéger son portefeuille. Et au sein d’un portefeuille purement obligataire, si on a de 30 à 40 % d’obligations de société qui sont un peu plus à risque, il reste une composante de durée sur laquelle on peut jouer pour se protéger », affirme Jean Gauthier.

L’expert n’envisage pas de récession d’ici 2020, et estime que les marges de profit des entreprises sont encore saines. Dans ce contexte, il recommande de conserver des obligations de société mais aussi de consacrer une partie des portefeuilles obligataires aux titres à courte échéance. « Si jamais il y a un problème, cette portion va surperformer », dit-il.

« Le marché est en train de nous dire qu’on est en fin de cycle économique, et des interventions à la baisse de la part des banques centrales devraient survenir fin 2019, début 2020. On s’attend alors à voir des signes de récession, quand les effets de la réforme fiscale américaine vont disparaître », entrevoit Jean Gauthier.

« Le ralentissement économique actuel n’est pas un problème majeur. Les taux de chômage restent très bas, il n’y a pas de problème d’inflation, ça va bien dans la construction, et il n’y a pas de pression sur des produits comme le pétrole brut. Ce que la courbe de rendement nous dit, c’est que les investisseurs s’attendent à ce que les banques centrales interviennent plus rapidement qu’auparavant en cas de problème. Il faut noter qu’une courbe de rendement inversée doit se prolonger pendant 10, 15, 20 jours d’affilée avant de prédire une récession, et encore, c’est un indicateur historique d’une récession dans les quatre à 14 prochains mois », rappelle Jean Gauthier.

« Les banques centrales sont intervenues de façon massive dans le système depuis la crise financière. On a vu de l’apaisement quantitatif, des coupures de taux accélérées, des taux négatifs en Europe, on a vu la Banque du Japon acheter des actions, etc. Ces institutions sont plus entreprenantes et pourraient répéter ce type d’actions dans la prochaine récession. Quand il y a eu un peu de pression l’année dernière, le marché indiquait qu’il était temps de baisser les taux. Les banques centrales ont à ce moment transmis au public des perspectives économiques moins roses : on aura encore de la croissance, mais on ne s’attend pas à un problème majeur. Peut-être qu’on en rencontrera en 2020 », dit Jean Gauthier.

Pour le moment, les actifs plus risqués continueront à surperformer, selon lui.

« Les entreprises demeurent profitables, les défauts de paiement n’augmentent pas, donc nous recommandons une stratégie où l’on garde une position longue sur les obligations de sociétés, mais où l’on achète aussi des obligations à court terme, si bien que s’il y a des baisses de taux, cette partie de la courbe va surperformer. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.