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• Ce texte est paru dans l’édition de novembre 2009 de Conseiller.
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Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) fait maintenant partie du vocabulaire de la planification financière. La majorité d’entre vous connaissez bien ses principales caractéristiques. Mais que savez-vous de ses origines et de sa véritable raison d’être?

Évidemment, plusieurs s’empresseront de conclure qu’il s’agit d’un incitatif à l’épargne. Vous avez bien raison, mais tentons d’en savoir plus.

LES VÉRITABLES ORIGINES DU CELI

Contrairement à l’opinion largement répandue, nos autorités gouvernementales actuelles n’ont pas inventé le principe du CELI. Un produit semblable existait déjà ailleurs: la Grande-Bretagne a créé en 1999 l’Individual Saving Account (ISA) et les États-Unis, le Roth Individual Retirement Account (Roth IRA) en 1998. Les deux produits font maintenant partie du régime d’épargne des investisseurs américains et britanniques. À la fin de 2007, environ 15% des ménages américains possédaient un Roth IRA. Au Royaume-Uni, l’ISA qui comporte moins de restrictions que le Roth IRA et dont les cotisations ne dépendent pas du revenu gagné, est plus populaire.

TAUX D’ÉPARGNE ET DETTE

Au début des années 1980, les taux relativement élevés offerts sur les placements rendaient l’épargne attrayante, et les gens épargnaient en général près de 20% de leur revenu net disponible. Mais la baisse des taux d’intérêt et l’abolition de la non-imposition de la première tranche de revenus d’intérêts de 1 000$ ont découragé les épargnants.

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LE CRÉDIT FACILE AUGMENTE LA DETTE PERSONNELLE

En même temps, l’ère de la surconsommation et l’arrivée de la carte de guichet automatique ont joué un rôle majeur dans la chute de l’épargne. L’accessibilité facile de l’argent et les incitatifs accrus des cartes de crédit ont grandement contribué à hausser la dette personnelle des ménages canadiens. Les dépenses de consommation ont progressé à un rythme effarant, et les faillites personnelles ont atteint des niveaux records.

HAUSSE DU TAUX DE FAILLITE

La crise économique a accru le nombre des faillites. En effet, selon les statistiques émises par le Bureau du surintendant des faillites, on a enregistré une hausse de 28,6% du nombre de dossiers d’insolvabilité au cours de la période de 12 mois se terminant le 30 juin 2009.

Pourtant, des messages alarmistes adressés aux contribuables canadiens ont commencé à circuler dès le milieu des années 2000. Déjà, on constatait que les ménages devaient modérer leurs dépenses et rembourser leurs dettes pour ensuite pouvoir se constituer un fonds de réserve en prévision de moments plus difficiles.

Comme la plupart des Canadiens ont peine à épargner 10% de leur revenu net, il fallait agir rapidement pour changer leurs habitudes d’épargne. C’est pourquoi en 2008, les autorités gouvernementales ont instauré le CELI, le plus important instrument d’épargne personnelle après l’introduction du régime enregistré d’épargne-retraite (REER). La caractéristique principale de ce nouveau produit incitatif est de faire fructifier les placements du contribuable à l’abri de l’impôt pendant toute sa vie.

POURQUOI COTISER DANS UN CELI?

L’attrait le plus intéressant du CELI est sans doute qu’il s’adresse à toutes les classes, sans égard au revenu gagné et sans échéance. Les personnes à revenu faible ou modeste sont incitées à épargner car leurs revenus de placements n’affectent pas leurs prestations sociales ni les crédits d’impôt fondés sur le revenu. Les plus nantis, quant à eux, peuvent fractionner leur revenu avec leur conjoint sans se soucier des règles d’attribution. De plus, les retraits créent d’autres droits de cotisation l’année suivante, ce qui n’est pas le cas pour le REER.

Pour se forger une meilleure santé financière et réduire la vulnérabilité qu’une autre baisse des marchés financiers et la hausse reportée du taux d’inflation pourraient générer, les gens ont tout avantage à cotiser au CELI.

En attendant une augmentation des taux d’intérêt, les épargnants pourront choisir des placements au potentiel de rendement plus élevé à l’intérieur du CELI, pour conserver leur pouvoir d’achat et bénéficier des avantages fiscaux du produit.

Josée Jeffrey, D. Fisc., Pl. Fin., Focus Retraite & Fiscalité Inc


• Ce texte est paru dans l’édition de novembre 2009 de Conseiller.