En quoi les fonds communs de placement sont-ils différents d’une paire de jeans? Connaître la réponse peut attirer bien des clients. Et cela, Vanguard l’a bien compris, estime ce chroniqueur de Bloomberg.

Nir Kaissar est récemment revenu sur ce qui fait le succès de Vanguard dans le monde, particulièrement aux États-Unis, et conseille aux autres firmes de s’adapter… ou de s’habituer à la domination de Vanguard.

Le chroniqueur, qui admet tout de go avoir lui-même placé une partie de son argent chez Vanguard, rappelle d’abord que les performances de la firme donnent le tournis. En sept ans, son actif sous gestion est passé de 1 trillion de dollars américains (1,35 billion de dollars canadiens) à 4,2 trillions de dollars américains (5,6 billions de dollars canadiens).

Au cours des trois dernières années, Vanguard a été chercher 823 milliards de dollars américains (1 107 milliards de dollars CAN), selon Morningstar. C’est 8,5 fois l’actif net qu’a amassé l’ensemble des autres joueurs de l’industrie. Plus de 20 millions d’investisseurs font affaire avec Vanguard.

LES BAS FRAIS SÉDUISENT

Un succès qui tient d’abord à de faibles frais pour ses fonds communs de placement et ses fonds négociés en Bourse. L’entreprise soutient que son ratio de frais de gestion moyen est de 0,12 %. De plus, comme Vanguard appartient à ses investisseurs, elle leur retourne ses profits par l’entremise de frais encore plus bas. Pas mal, d’autant plus que ses rendements sont plus élevés que le marché depuis 10 ans.

CONCURRENTS MÉCONTENTS

Cette stratégie a valu son lot de critiques à Vanguard, rappelle le chroniqueur. Pas de la part des clients, mais plutôt de concurrents. Plusieurs soutiennent que son approche a déchaîné une croisade contre les frais plus élevés d’autres fonds et les profits qu’ils génèrent pour les firmes qui les offrent. Ces dernières soutiennent que, comme toute compagnie, elles vendent un produit et ont le droit de faire un profit.

Fort bien, répond Nir Kaissar. Mais que garantissez-vous au juste? leur demande-t-il. Si un consommateur achète une paire de jeans, il obtient une paire de jeans. Si elle est défectueuse ou s’il ne l’aime pas, il pourra la retourner et être remboursé. C’est ce qui se passe dans la plupart des industries. Mais un fonds n’a pas d’obligation de résultat. Si le marché plante et que les investisseurs perdent leur argent, ils ne le récupéreront pas. Si un fonds géré activement rate sa cible ou qu’un fonds indiciel est battu par son indice de référence, les investisseurs ne se verront pas rembourser la différence.

Il est normal que le risque soit assumé par les investisseurs, mais ce risque devrait se refléter dans les prix d’acquisition et de détention de fonds, croit Nir Kaissar. Cela offrirait au client une meilleure chance d’atteindre ses objectifs, tout en permettant aux firmes de faire tout de même un profit raisonnable.

Vanguard a compris cela dans les années 1970, affirme le chroniqueur. Il conclut en soulignant qu’aucune firme n’est obligée de suivre son exemple, mais que tant qu’elle ne le fera pas, elle devra s’habituer à voir Vanguard trôner sur le marché.

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