Devises
Photo : Samransak Lomlim / 123RF

Les devises des pays émergents manufacturiers seront favorisées dans les prochains mois, estime Richard Lawrence, premier vice-président, titres mondiaux à revenu fixe, à Brandywine Global.

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« L’année a commencé tranquillement avec une modeste appréciation du dollar américain, jusqu’en mars, où l’enfer s’est déchaîné. À ce moment, toutes les devises à l’exception du dollar américain se sont rapidement écroulées, surtout celles des pays émergents et des économies influencées par les matières premières, en premier lieu le pétrole. Le peso colombien, le rouble russe et la couronne norvégienne ont été particulièrement affectées », dit Richard Lawrence.

Selon l’expert, ce phénomène était dû à une diminution des liquidités en dollars américains alors que le monde entier se ruait sur cette devise refuge; la demande était beaucoup plus élevée que l’offre. La Fed a réagi en accueillant de nouveaux pays dans le club restreint des banques centrales avec lesquelles elle fait des échanges de devises (ou swaps).

En plus du Canada, de l’Europe, de la Grande-Bretagne, de la Suisse et du Japon, qui participaient déjà au programme de swap de la Fed, la Corée du Sud, le Brésil, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et les pays scandinaves s’y sont aussi joints. De plus, la banque centrale américaine a permis aux banques centrales de mettre en pension chez elle les titres du Trésor américain qu’elles avaient en dépôt, pour améliorer encore leur accès à des liquidités en dollars américains.

« Les mesures de la Fed ont permis de relâcher la contraction brutale qu’avait connue le marché des changes, et on a vu plusieurs devises obtenir de solides résultats, en particulier celles qui sont liées au pétrole, et d’autres cycliques comme le dollar australien. Les devises émergentes ont aussi regagné du terrain. À l’exception du réal brésilien, pays qui souffre actuellement d’une crise de nature politique, la plupart des devises ont vu leur situation s’améliorer en avril et en mai », explique Richard Lawrence.

REVOIR LES STRATÉGIES

Le problème de la pandémie est qu’elle complexifie beaucoup l’approche de type valeur, note le spécialiste.

« Habituellement, les devises qui s’échangent à rabais soutiennent les exportations et attirent les touristes. Mais avec la COVID-19, ces mécanismes ne fonctionnent plus. Peu importe l’attrait du peso mexicain, cela n’attirera pas plus de touristes sur les plages du pays et les exportations se buteront au ralentissement de l’économie américaine », illustre Richard Lawrence.

À moyen terme, mieux vaut se méfier des devises qui dépendent beaucoup du tourisme, comme le baht thaïlandais. L’expert favorise plutôt les devises de pays émergents manufacturiers qui exportent vers de nombreux pays. Il cite la Corée du Sud et les économies d’Europe de l’Est comme la Hongrie et la Pologne.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, présenté par CIBC. Il a été écrit sans l’intervention du commanditaire.