Élie Nassif a écopé d’une radiation temporaire de cinq ans de la Chambre de la sécurité financière (CSF), pour s’être octroyé pendant plusieurs jours du crédit de son employeur afin d’aider un ami.

L’histoire se passe en 2017. Le vendredi 7 avril, M. Nassif reçoit un appel d’un ami qui a un urgent besoin de 10 000 euros (15 000 dollars canadiens). Il tente de retirer la somme de 15 000 dollars de son propre compte d’investissement chez son employeur, mais un problème technique l’en empêche. Occupé par son travail de directeur de succursale, il ne trouve pas le temps de tenter de nouveau l’opération par la suite. Lorsque son ami le rappelle le lundi suivant, il constate qu’il n’aura pas le temps de retirer les fonds de son compte d’investissement à temps pour lui venir en aide et décide de procéder autrement.

Il demande donc à une autre employée de transférer 15 000 dollars du Grand livre de l’employeur à son compte personnel, puis effectue un virement électronique d’une valeur de 10 000 euros à son ami. Le 19 avril, sa mère remboursait la somme totale à même sa carte de crédit.

NUL N’EST CENSÉ IGNORER LA LOI

M. Nassif, qui a plaidé coupable devant le comité de discipline de la CSF, a toujours soutenu qu’il ne savait pas qu’utiliser le Grand livre de l’employeur de cette façon contrevenait aux règles de conflit d’intérêts de la firme pour laquelle il travaillait depuis 2014. Selon lui, le Grand livre servait régulièrement à financer temporairement des dépenses pour des clients. Il n’aurait réalisé l’ampleur de sa faute que lors d’un appel d’un inspecteur de son employeur, en juillet 2017. D’abord avisé d’une suspension de deux jours, M Nassif a par la suite appris qu’il était congédié. 

La gravité objective de l’infraction et le délai (10 jours) avant le remboursement de la somme ont joué contre M. Nassif. Son avocat a toutefois invoqué comme facteur atténuant le fait qu’il n’a causé aucun préjudice, qu’il n’avait pas d’antécédents et qu’il a pleinement collaboré avec la Chambre après avoir plaidé coupable. Les deux parties se sont entendues quant à la sanction, entente ensuite entérinée par le comité de discipline.

M. Nassif est maintenant entrepreneur dans le domaine des services internet.