La réforme du Régime de pensions du Canada (RPC) « n’améliorera guère les perspectives de retraite des salariés à faible revenu », selon une étude de l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP).

Alors que le gouvernement libéral a apporté d’importantes modifications au système de retraite, leur coordination et leur interaction avec le régime fiscal soulèvent de « réels problèmes », observent les auteurs de l’étude Unfinished Business: Pension Reform in Canada, Bob Baldwin et Richard Shillington.

Notamment, la hausse des prestations du RPC aura peu d’intérêt pour les salariés à faible revenu, « puisqu’elle sera récupérée pour l’essentiel par le biais de l’impôt sur le revenu et la réduction d’autres prestations sociales établies en fonction du revenu ».

Les auteurs préconisent alors une révision globale des chevauchements d’impôts et des taux de récupération fiscale, qui « amoindrissent l’intérêt d’épargner en vue de la retraite pour les salariés à faible revenu et l’intérêt de rester sur le marché du travail pour les salariés âgés ».

LA DÉMOGRAPHIE NÉGLIGÉE

Les auteurs notent d’ailleurs que la réforme ne tient pas compte des effets du vieillissement de la population sur le système de revenu de retraite. La faible croissance de la population active, par exemple, devrait faire augmenter les salaires réels moyens.

Si bien que pour les salariés à faible revenu, la valeur accrue de remplacement du revenu du RPC risque d’être largement neutralisée par la valeur de remplacement moindre de la pension de la Sécurité de la vieillesse (SV) par rapport aux salaires.

Les auteurs doutent finalement que l’âge doive rester le principal critère d’admissibilité au RPC, à la SV et au Supplément de revenu garanti étant donné l’allongement de l’espérance de vie, les départs à la retraite de plus en plus tardifs et l’âge plus avancé auquel les jeunes intègrent le marché du travail.

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