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À l’heure des baisses de taux, la dette des pays émergents devient plus attrayante. Mais gare au ralentissement de la croissance mondiale, dit Andrew Kronschnabel, chef du crédit de catégorie investissement à Metlife Investment Management.

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« Mes collègues s’entendent pour dire que la Fed devrait abaisser ses taux d’un demi pourcent en 2019, et que les bons du Trésor sur dix ans devraient atteindre 2,15 % à la fin de l’année, et 2,45 % à la fin 2020 », dit-il lors d’une entrevue réalisée avant la baisse de 0,25 % annoncée par la Fed le 31 juillet.

« Si les taux demeurent relativement bas ou baissent encore, la dette souveraine des pays émergents devrait continuer à attirer les fonds des investisseurs, car ces rendements sont plus attrayants. En outre, l’analyse technique est encourageante puisque l’offre nette d’obligations souveraines est très basse », dit Andrew Kronschnabel.

Selon l’expert, les investisseurs peuvent par exemple s’exposer à la dette souveraine des membres du Conseil de coopération des États arabes du Golfe. Il recommande d’ajouter une mesure de « risque idiosyncratique » dans des pays comme l’Ukraine, ainsi que du « risque lié aux devises locales » dans des pays comme le Brésil qui ont soit reçu l’appui du FMI, soit entrepris des réformes en faveur de la performance des actifs.

Mais ces recommandations s’accompagnent d’une mise en garde concernant la croissance.

« Si la croissance mondiale continue de se détériorer au point de signaler un ralentissement typique de milieu de cycle, nous anticipons que les actifs à risque offriront de piètres performances, particulièrement les marchés émergents et la dette souveraine hors des États-Unis », dit Andrew Kronschnabel.

« Afin d’évaluer la direction de la croissance mondiale, nous observons les signes de creux de la vague (bottoming) en Europe, et l’impact des mesures fiscales et monétaires entreprises par la Chine pour soutenir son économie. Dans les deux cas, on ne peut pas encore trancher. Les échanges commerciaux mondiaux auront aussi un effet, mais les perspectives de ce côté sont encore incertaines. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.