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Le gouvernement du Québec a émis plut tôt ce mois-ci un bloc d’environ 100 millions de dollars d’obligations vertes destinées aux particuliers. Représentent-elles une bonne option de placement pour vos clients? Plus ou moins, juge le chroniqueur du Journal de Montréal, Michel Girard.

Émises sur le marché afin de financer le projet de Réseau express métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec, ces obligations vertes ont une durée de cinq ans et sont assorties d’un taux d’intérêt de 2,40 %.

Bien que ces instruments financiers comportent de nombreux atouts, comme la sécurité, la facilité d’accès et le fait qu’ils servent à financer un important projet de transport collectif, Michel Girard estime que leur terme de cinq ans est trop long.

« Comme il est évident que les taux vont continuer d’augmenter au fil des prochains semestres, le rendement annualisé de 2,40 % des obligations vertes me semble modeste dans les circonstances », écrit-il.

Pour les investisseurs qui ont une faible tolérance au risque, Michel Girard estime que les certificats de placement garanti (CPG) ayant la même durée que ces obligations vertes représentent une meilleur option dans la conjoncture actuelle.

En effet, plusieurs institutions financières offrent en ce moment des CPG de cinq ans dont le rendement annualisé peut atteindre 3,30 %, soit 90 points de base de plus que les obligations vertes du gouvernement du Québec.

Même avec les CPG, Michel Girard privilégie le terme d’un an plutôt que de cinq ans. Certains CPG venant à échéance dans douze mois permettent en effet d’obtenir un rendement de 2,10 %, assure-t-il.

UNE PREMIÈRE ÉMISSION COURONNÉE DE SUCCÈS

Si le gouvernement du Québec a décidé d’émettre via Épargne Placements Québec un bloc de 100 M$ d’obligations vertes à destination des particuliers il y a quelques semaines, c’est que ces instruments financiers ont obtenu un vif succès auprès des investisseurs institutionnels l’année dernière.

Même avec trois blocs de 500 M$ d’obligations vertes émises en 2017, la demande des grands investisseurs a dépassé l’offre, affirme le ministère des Finances. Ces émissions ont elles aussi servi au financement du REM, mais également à l’achat de trains de métro AZUR et d’autobus hybrides pour la Société de transport de Montréal.

Ailleurs au pays, l’Ontario, la Ville d’Ottawa et Exportation et développement Canada ont aussi émis des obligations vertes, dans la majorité des cas destinées aux investisseurs institutionnels.

Environ 3,8 G$ d’obligations vertes ont été émises au Canada en 2017, selon le Climate Bonds Initiative. À l’échelle mondiale, leur valeur totale a dépassé les 155 milliards de dollars américains l’année dernière, et elle pourrait passer le cap de 1000 milliards d’ici 2020.