Tirelire noire en forme de cochon entourée de points d'interrogation.
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La composition des actifs des régimes de retraite canadiens a évolué ces dernières années, et une nouvelle recherche soutient que ces efforts visent davantage à réduire le risque de solvabilité qu’à stimuler les rendements.

Dans une note de recherche, des analystes de la Banque du Canada ont examiné l’évolution des portefeuilles des régimes de retraite entre 1998 et 2018 à l’aide de données sur l’actif et le passif de 128 régimes à prestations déterminées sous réglementation fédérale.

Les chercheurs constatent qu’au cours de cette période, à mesure que les taux d’intérêt baissaient, près des deux tiers des régimes de retraite (64 %) ont abandonné une répartition traditionnelle des actifs (60 % d’actions et 40 % d’obligations).

Pour environ un tiers des régimes, ce changement a été important, puisque plus de 30 % de l’actif total a été modifié, selon les chercheurs.

« À la place, ils ont opté pour des portefeuilles contenant davantage d’actifs alternatifs, tels que le capital-investissement, l’immobilier et les infrastructures, mais avec une allocation majoritaire en obligations. »

Alors qu’une réorientation vers des actifs alternatifs est souvent perçue comme une démarche visant à améliorer les rendements, les chercheurs ont fait valoir que les gestionnaires cherchaient en fait à réduire leur risque de solvabilité face à des taux d’intérêt bas en optant pour une plus grande part d’obligations.

« L’allocation plus importante d’obligations – avec des rendements plus sûrs et plus faibles – est difficile à concilier avec la recherche de rendement, déclarent les chercheurs. Nous pensons plutôt que la gestion du risque de solvabilité peut expliquer ce large changement. »

Les chercheurs estiment que la plupart des régimes qui ont remanié leur portefeuille ont atteint un niveau de capitalisation de 100 % et ont vu la volatilité de leur ratio de solvabilité diminuer de 30 %.

En revanche, la plupart des régimes qui ont conservé une répartition traditionnelle des actifs de 60/40 ont enregistré un déficit de solvabilité en 2018, indiquent-ils.

En outre, les régimes qui ont modifié leurs portefeuilles ont aussi enregistré des rendements légèrement inférieurs – d’environ 25 points de base – à ceux des régimes ayant une répartition d’actifs traditionnelle.

« Il est vrai que, isolément, investir dans des actifs alternatifs et des obligations d’entreprises ou utiliser le levier financier signifie prendre des risques spécifiques en échange de rendements plus élevés. Mais nous montrons que ces investissements font partie d’une stratégie plus large qui vise à réduire le risque global de solvabilité », concluent les chercheurs.