La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) « a la capacité de résister à des scénarios graves », même s’ils sont « extrêmement improbables ». C’est ce qu’ont révélé les résultats positifs de sa simulation de crise appliquée à sa capitalisation en 2017.

Cette année, l’agence fédérale indique avoir soumis ses activités d’assurance prêt hypothécaire et de titrisation à plusieurs scénarios extrêmes : montée du protectionnisme et des politiques anti-mondialisation; catastrophe naturelle majeure (tremblement de terre); effondrement des cours du pétrole; correction du marché de l’habitation semblable à celle qui a touché les États-Unis (pour l’assurance prêt hypothécaire seulement).

Résultats? Leurs simulations ont confirmé que le capital détenu était « suffisant » pour résister à chacun de ces scénarios. « Il faudrait une crise très grave du logement et une longue période de taux de chômage élevé pour commencer à voir un effet négatif notable sur notre capital ou pour compromettre notre capacité de souscrire de nouveaux prêts hypothécaires », indique la Société.

Le but de leur simulation de crise est d’évaluer dans quelle mesure la SCHL peut encaisser « les chocs improbables », a indiqué Romy Bowers, chef de la gestion des risques à l’agence. « Dans tous les cas étudiés, la simulation de crise de cette année montre que la Société est bien capitalisée et capable de résister aux situations très graves ».

CHUTE DES COURS DU PÉTROLE ET TREMBLEMENT DE TERRE

La SCHL a en outre indiqué que cet exercice constituait « une étape clé du programme de gestion des risques de la Société ». Celle-ci souligne que la récente crise du crédit a montré qu’il était « nécessaire » pour les institutions financières comme la SCHL de se soumettre à ce genre d’opération afin de « s’assurer qu’elles sont capables de gérer des situations d’urgence et de maintenir leur solvabilité en cas de grandes perturbations économiques ».

Depuis 2008, ajoute-t-elle, « les organismes de réglementation imposent des exigences strictes quant au type et à la gravité des scénarios de risque que doivent simuler les institutions financières chaque année » et, dans ce contexte, elle doit donc se conformer aux lignes directrices établies par le Bureau du surintendant des institutions financières.

Selon Audrey-Anne Coulombe, du service des relations avec les médias de l’agence, il est toutefois important de noter que la simulation de crise n’est pas une prévision ni une prédiction, mais bien un exercice destiné à vérifier si les activités nous permettent de résister aux scénarios extrêmes.

Les cinq hypothèses envisagées par l’agence fédérale

Ces scénarios de simulation de crise ont été élaborés en début d’année avant d’être validés par une équipe interne, puis approuvés par le conseil d’administration de la SCHL.

  • Scénario de base Situation normale conforme au plan d’entreprise de la Société.
  • Anti-mondialisation Une augmentation rapide des taux d’intérêt aux États-Unis se combine à des niveaux d’endettement insoutenables en Chine pour provoquer d’importants chocs négatifs sur la demande mondiale. Les ralentissements consécutifs dans ces deux pays suscitent une montée du protectionnisme, l’application élargie de tarifs et le démantèlement de la zone euro.
  • Chute des cours du pétrole Une offre excédentaire et imprévue entraîne une chute du prix du pétrole, qui descend sous la barre des 20 $, et les cours varient ensuite dans une fourchette allant de 20 à 30 $ pendant environ deux ans avant de se redresser.
  • Tremblement de terre Plusieurs scénarios ont été étudiés par la Société, impliquant un tremblement de terre de forte magnitude qui perturberait les infrastructures et les services essentiels d’un grand centre urbain. Ces simulations incluent l’examen des répercussions financières plus larges de ce séisme sur les propriétaires-occupants et les entreprises.
  • Correction du marché de l’habitation Semblable à celle qui a touché les États-Unis, elle tient compte d’une hausse de 5 % du taux de chômage et d’une baisse de 30 % des prix des logements.

À noter que la SCHL a publié un tableau résumant l’effet de chaque scénario sur son ratio de capital réglementaire, établi selon le test du capital minimal (TCM). Son niveau cible a été fixé à 165 %.

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