Ils sont quatre Américains âgés de 17 à 35 ans à ne pas encore avoir commencé à épargner en vue de leur retraite. La raison ? Ils ne croient pas en avoir les moyens.

Le revenu familial moyen des milléniaux chez nos voisins du Sud est de 48 309 dollars américains (60 525 $ CAN), révèle une récente étude du Wells Fargo Investment Institute.

Les baby-boomers touchaient 20 % de plus en moyenne comme revenu à cette période de leur vie. En ce moment, ces derniers montrent un revenu familial moyen de 64 665 dollars américains (81 016 $ CAN) contre 90 000 dollars américains (112 758 $ CAN) pour la génération X.

Les milléniaux sont tout à fait conscients que leur manque d’épargne aura des conséquences, notamment celui de retarder leur départ à la retraite. La moitié d’entre eux s’attend à devoir travailler jusqu’à environ 70 ans.

UN POIDS SUR LES ÉPAULES

La dette étudiante pèse lourd dans le budget de cette génération. Plus d’un tiers (34 %) en ont une. La médiane de leur balance de paiement à ce titre atteint presque 20 000 dollars américains (25 057 $ CAN). Les trois quarts de ceux qui ont une dette étudiante considèrent qu’elle est ingérable. Toutefois, ce sont aussi les milléniaux qui font le plus de dépenses discrétionnaires, notamment pour les voyages, qui leur coûteraient en moyenne 2 915 dollars américains (3 652 $ CAN) par an, selon TripAdvisor.

BABY BOOMERS INQUIETS

Le rapport de Wells Fargo contient aussi un constat important sur la génération des boomers, qui s’inquiète de son épargne-retraite. En règle générale, les investisseurs tendent à sortir du marché des actions et à investir davantage dans des obligations à mesure que l’âge de la retraite approche. Or, en raison des rendements faméliques offerts par les obligations depuis plusieurs années et des reculs engendrés par la crise de 2008, cette stratégie pourrait perdre la faveur des investisseurs. Constatant que leur épargne-retraite ne gonfle pas suffisamment vite, plusieurs pourraient rester sur le marché des actions beaucoup plus longtemps que les générations précédentes.

CHAQUE GÉNÉRATION CONNAÎT LA CRISE

Par ailleurs, le document présente une chronologie des événements marquants dans la vie des investisseurs, et ce, en fonction de leur génération. En effet, les habitudes de consommation et d’investissement, de même que la réussite ou l’échec des stratégies d’épargne ainsi que l’attitude par rapport à l’épargne sont tous façonnés par des événements marquants.

Les boomers sont devenus des consommateurs assez avides en faisant reposer ces dépenses sur l’arrivée d’un deuxième revenu (entrée massive des femmes sur le marché du travail) et sur l’accès au crédit. Ils ont bénéficié du boom de l’après-guerre, mais ont souffert du choc pétrolier de 1973 et de la forte inflation dans cette décennie. La génération X s’est frottée à l’effondrement du marché boursier en 1987, mais surtout à la récession de la fin des années 1980 et à l’éclatement de la bulle Internet à la fin des années 1990.

Les milléniaux, quant à eux, étaient des enfants lorsque l’attaque sur les tours du World Trade Center de New York a bouleversé l’ordre du monde. Jeunes adultes, ils ont connu la crise de 2008 et sont aujourd’hui frappés par la crise de l’endettement étudiant.

MÊMES BESOINS, DÉPENSES DIFFÉRENTES

Avec un tel profil, on pourrait penser que les milléniaux ont des habitudes de dépenses très différentes de leurs parents et c’est le cas. Toutefois, c’est moins parce qu’ils ont d’autres besoins que parce que de nouveaux produits et services financiers leur sont offerts, selon une étude de TransUnion, dont les résultats sont rapportés par Business Insider.

L’étude s’intéresse cette fois aux Américains âgés de 21 à 34 ans et constate qu’ils contractent plus de prêts personnels et de prêts auto que ne le faisait la génération X (née entre 1965 et 1979), mais moins d’hypothèques, en partie à cause de l’arrivée de plusieurs prêteurs en ligne, comme SoFi et Prosper, qui approuvent ou rejettent une demande de prêt personnel en quelques heures et font une promotion agressive de leurs services.

Quant aux prêts auto, il est désormais possible de rembourser sur six ou sept ans, ce qui rend le coût mensuel de tels emprunts moins élevé qu’à des époques précédentes.

Par contre, le portrait est moins rose du côté de l’habitation. Il est plus difficile pour les milléniaux d’acheter une maison que pour leurs parents, notamment en raison des effets de la récession et de l’endettement étudiant record.

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