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Dans un environnement inflationniste, l’or et l’immobilier affichent généralement de bonnes performances. Qu’en est-il de la cryptomonnaie ?

L’inflation risque d’être plus durable qu’escompté, entraînant ainsi des hausses de taux plus importantes et plus rapides que ce que beaucoup prévoient, avertit BMO Marché des capitaux dans un rapport récent.

Pour les investisseurs, « ce n’est pas un bon moment pour les prix des actifs réels en général, mais il y a des endroits relativement sûrs », précisent les auteurs du rapport.

Traditionnellement, les couvertures contre l’inflation incluent les matières premières, notamment les métaux précieux et en particulier l’or, rappellent les experts de BMO. Et certains affirment que les cryptomonnaies peuvent être considérées comme une forme d’« or numérique, ce qui pourrait en faire un substitut de l’ère moderne », indique-t-il. Il précise toutefois, qu’à ce stade, les cryptomonnaies « ont un historique limité en tant que couverture contre l’inflation, et pourraient bien se vendre aux côtés d’autres actifs si les taux d’intérêt augmentent trop ».

Parmi les autres valeurs refuges possibles figurent les actions, selon les experts de BMO, notant que cette catégorie d’actifs a été en mesure de « dégager des rendements réels plus neutres, agissant comme un isolant contre la pression à la hausse des prix ».

Les actions canadiennes, en particulier, ont « surperformé quelque peu dans les environnements inflationnistes », en raison d’une concentration plus élevée dans les secteurs des ressources et d’une exposition relativement faible aux actions orientées vers la croissance « qui verraient les valorisations diminuer davantage dans un tel environnement ».

Les dividendes sont également importants pour générer des rendements totaux réels dans un contexte d’inflation globale, selon le rapport. Et la sélection des titres pourrait également gagner en importance.

À cette fin, BMO Marché des capitaux recommande de privilégier les entreprises qui ont un pouvoir de fixation des prix et qui peuvent répercuter les augmentations de coûts sur leurs clients.

« Les entreprises qui font face à une concurrence limitée et vendent des articles dont la demande est inélastique (en raison de l’absence de substituts proches) sont susceptibles de préserver le capital en période de hausse de l’inflation. En revanche, les entreprises dont le pouvoir de fixation des prix est limité sont souvent obligées d’absorber la hausse des coûts dans leurs bénéfices. Le Canada compte de nombreux noms ayant un riche historique d’augmentation des dividendes qui correspondent à ce profil. »

La diversification est un autre élément à prendre en compte, étant donné que l’inflation n’est pas un phénomène mondial. Par exemple, le Japon est considéré comme un marché qui n’est pour le moment pas confronté à l’inflation.

« Même si son économie souffrirait d’un ralentissement mondial qui frapperait les exportations, le Japon aurait plus de chances d’éviter une récession que les pays où l’inflation est élevée, étant donné la faiblesse des taux d’intérêt », insistent les auteurs du rapport.

Parallèlement à certaines actions, BMO note que l’immobilier a généralement réussi à afficher des rendements positifs dans les périodes inflationnistes passées également.

Cette fois-ci, cependant, les marchés immobiliers ont été si chauds qu’ils représentent un risque.

« Les prix de l’immobilier pourraient être mis à l’épreuve étant donné l’augmentation spectaculaire des valorisations pendant la pandémie, en particulier au Canada, avertit le rapport. L’immobilier commercial semble moins gonflé à ce stade et devrait se maintenir raisonnablement bien avec des conditions économiques sous-jacentes toujours fortes, bien que le secteur des bureaux soit confronté aux défis à plus long terme du travail à distance. »

Les options à revenu fixe comprennent les notes protégées contre l’inflation et les marchés monétaires, qui ont actuellement des rendements minuscules.

« Le fait de déplacer les fonds vers des titres de créance avec des paiements croissants et des échéances courtes, ou des actions privilégiées à taux réinitialisé, offre également une certaine flexibilité pour éventuellement se verrouiller à des taux plus élevés lorsque l’inflation et les taux d’intérêt atteindront un pic, ou se tourner vers les actions. Ces produits à faible durée de vie ont largement préservé le capital dans le passé », indique le rapport.

C’est également le bon moment pour les emprunteurs de verrouiller des taux bas, si possible.