Un aimant attire des personnages de papier.
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Pendant que les secteurs de type croissance séduisent les investisseurs par leurs innovations, les titres de type valeur s’échangent à des prix alléchants, note Paul Roukis, gestionnaire de portefeuille pour les stratégies de valeur à forte capitalisation chez Rotschild Asset Management, à New York.

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« Les titres de type croissance sont souvent associés à l’innovation. Il y a eu les médias sociaux, les téléphones intelligents et la vidéo à la demande, et maintenant l’intelligence artificielle, l’infonuagique et la conduite autonome. Hors des technologies, il y a les nouveaux médicaments contre le cancer qui exploitent les défenses immunitaires du patient, ou encore les paiements numériques dans l’industrie des services financiers. Il faut l’avouer, ces tendances sont beaucoup plus sexy que celles des secteurs de type valeur où l’on compte les détaillants traditionnels, les banques, et les producteurs d’énergie », dit Paul Roukis.

Mais ces secteurs ont aussi leur charme, s’il est plus discret, insiste l’expert.

« Il y a de l’innovation dans tous les segments du marché, et les secteurs de type valeur traditionnels ont le potentiel de tirer profit de leurs investissements. Or, ce potentiel n’est pas reflété par les prix actuels des titres. C’est là que se trouvent les occasions à saisir, selon moi », dit Paul Roukis.

Il cite en exemple les institutions financières Bank of America et JPMorgan Chase : leurs actions s’échangent à 11 fois leurs revenus projetés, soit un rabais de 35 % sur le marché, elles génèrent des rendements dans les deux chiffres à partir de capitaux tangibles, et elles accroissent leurs parts de marché grâce à des investissements importants dans les technologies, comme les services bancaires mobiles et la sécurité informatique. Or, cela n’est pas reflété dans la valeur actuelle de leurs titres.

« Ces banques sont en voie de réaliser des gains d’efficacité opérationnelle sans précédent historique. Les plus petites banques régionales auront du mal à suivre le rythme, c’est d’ailleurs pourquoi deux d’entre elles, SunTrust et BB&T, ont annoncé une fusion entre égaux au début 2019. Elles comprennent que l’environnement concurrentiel requiert désormais une grande capacité d’évolution. Nous reconnaissons que c’est un secteur très cyclique, influencé par les taux d’intérêt et les tendances du crédit, mais il profite de vents favorables grâce aux nouvelles technologies », dit Paul Roukis.

Autre secteur « incompris », selon lui : les services d’utilité publique réglementés.

« Ces entreprises sont perçues comme ennuyeuses. On les associe aux portefeuilles à revenu des retraités. Mais leurs titres s’échangent à un rabais d’environ 15 % par rapport au marché, et elles sont en meilleure forme qu’elles ne l’ont été depuis longtemps. Elles profitent toutes de la transition vers les sources d’énergie plus propres, qu’il s’agisse du remplacement du charbon par le solaire et l’éolien, ou de mises à niveau des infrastructures de transmission pour plus d’efficacité et de fiabilité. Les batteries de stockage deviennent plus efficaces et abordables, ce qui va d’autant plus favoriser l’adoption des énergies renouvelables », dit Paul Roukis.

« Les investissements actuels vont générer des vents arrières pour l’industrie pendant de longues années. Nous détenons par exemple Xcel Energy, l’un des fournisseurs de services d’utilité publique les plus progressistes dans le marché, et DTE Energy, une entreprise plus diversifiée que les autres avec des activités dans le négoce d’énergie, le stockage du gaz, les pipelines, etc. Enfin, nous détenons American Electric Power, une entreprise du Midwest qui a beaucoup de potentiel dans la mise à jour de ses infrastructures. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.