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Le test de résistance (ou stress test) imposé par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) est victime de son succès, croit Benjamin Tal, économiste en chef adjoint à la CIBC.

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« Le marché commence à regagner du terrain, après la correction importante, et disons-le saine, qu’il a connue en 2016 dans des centres comme Vancouver et Toronto. Les prix étaient trop élevés, et depuis, la gravité a repris ses droits. Le marché ontarien s’est cherché pendant deux ans mais a fini par trouver ses prix. Plusieurs initiatives des gouvernements ont contribué à ce ralentissement, incluant la ligne directrice B-20 », dit-il en référence aux Pratiques et procédures de souscription de prêts hypothécaires résidentiels établies par le BSIF.

L’expert précise que son analyse ne s’applique pas aux marchés de l’Est du Canada, comme Montréal et Ottawa, dont les cycles sont « très, très différents », ni à l’Alberta, qui suit plutôt les cours du pétrole.

« Tout dépend de là où vous vivez, mais la situation globale du marché canadien a été un ralentissement suivi par un rééquilibrage », dit-il.

Le « test de résistance » de la ligne directrice B-20, qui consiste à ajouter 200 points de pourcentage au taux des hypothèques non assurées dans le calcul de leur admissibilité, est en grande partie responsable de cette situation, selon M. Tal. C’était une bonne chose, mais il est temps de l’assouplir, croit-il.

« Le test semble avoir fonctionné puisque le marché a dérougi. La question désormais est de savoir si c’est encore une bonne mesure. On ne peut nier son succès, mais c’est peut-être un trop grand succès. Le test manque de souplesse. Quel que soit le taux d’intérêt du moment, la règle des 200 points reste la même. De plus, elle s’applique au taux officiel, pas le vrai taux que les gens paient après rabais. Or tout le monde sait qu’il est beaucoup plus élevé. Le test de résistance va donc trop loin. Il a fonctionné, c’est vrai, mais maintenant il faut faire preuve de souplesse et rester cohérent avec le cycle des taux d’intérêt », affirme Benjamin Tal.

« Les gouvernements commencent à parler d’assouplir le test, mais cela sera insuffisant. Ce sera assurément positif pour la demande, mais ça ne changera pas le fonctionnement du marché. La raison principale des prix élevés n’est pas la demande, c’est la faiblesse de l’offre à Vancouver, Toronto et même Montréal. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.