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Un directeur de banque italien qui prélevait de petits montants sur les comptes de ses riches clients pour les donner aux plus pauvres a échappé de justesse à l’emprisonnement, rapporte la BBC

Responsable d’un établissement bancaire à Forni di Sopra, une petite ville située dans le nord montagneux du pays, Gilberto Baschiera a dérobé environ un million d’euros (près de 1,5 million de dollars canadiens) sur une période de sept ans.

La BBC précise qu’il avait pris l’habitude de prélever de petits montants sur les comptes de ses clients les plus fortunés pour les transférer à ceux qui ne pouvaient pas accéder à un crédit ou qui étaient surendettés. Il n’a cependant jamais empoché le moindre sou pour lui-même.

« AIDER LES PERSONNES DANS LE BESOIN »

« J’ai toujours pensé qu’en plus de protéger les épargnants, notre tâche consistait à aider les personnes dans le besoin », a déclaré Gilberto Baschiera pour sa défense au journal italien Corriere Della Serra.

L’ex-directeur a été condamné à deux ans de prison pour ses délits, mais comme il s’agissait de sa première infraction et que sa peine est relativement courte, il a finalement réussi à éviter de se retrouver derrière les barreaux après une transaction judiciaire avec les autorités.

Qualifié de « Robin des bois moderne » par une partie de la presse italienne, Gilberto Baschiera a néanmoins perdu son travail et sa maison à la suite de cette affaire. « Il voulait aider les personnes qui ne pouvaient plus accéder aux prêts par la voie normale après la crise financière de 2008 », a expliqué à la BBC son avocat, Me Roberto Mete.

« SYSTÈME DE FINANCEMENT PARALLÈLE »

Quand un habitant de Forni di Sopra venait lui demander un prêt alors qu’il n’y aurait théoriquement pas eu droit, l’ex-directeur de banque « ajoutait » de l’argent sur son compte afin qu’il puisse finalement y accéder. La BBC précise que si certains clients reconnaissants ont accepté de rembourser cet argent rapidement, d’autres ne l’ont pas fait, ce qui mis Gilberto Baschiera dans l’embarras.

« Il a créé une sorte de système de financement parallèle. Celui-ci a représenté près d’un million d’euros sur sept ans. Il était confiant dans le fait que les personnes qu’il aidait allaient pouvoir rembourser les sommes prêtés », a expliqué Me Mete. Jusqu’au jour où son employeur a finalement découvert le pot aux roses.