La trajectoire actuelle du marché n’est pas tenable au vu des perspectives économiques, croit Katherine Judge, économiste à Marchés des capitaux CIBC.

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« Nous avons été surpris par la vigueur récente du marché immobilier, qui a connu une reprise en V alors que le marché de l’emploi est encore très loin d’être revenu à la normale. On voit des prix 20 % plus élevés que l’an dernier à pareille date. Et quand on observe le marché en détail, on réalise que ça ne s’explique pas uniquement par l’activité des marchés les plus dispendieux comme Toronto et Vancouver », dit Katherine Judge.

Selon l’experte, tous les chiffres du marché sont plus élevés qu’avant la pandémie, qu’il s’agisse des ventes, des nouvelles inscriptions ou des moyennes de prix. Le rapport ventes/inscriptions s’approche d’un record, et l’inventaire de propriétés se resserre. Mais elle doute que cela pourrait durer, car on n’entrevoit pas de pleine reprise économique avant au moins 2022.

« Nous avons connu une récession asymétrique, où 80 % des emplois perdus l’ont été dans des secteurs où les salaires sont bas. La demande que l’on observe dans l’immobilier reflète simplement le fait qu’une bonne partie des emplois les mieux rémunérés se sont maintenus », analyse Katherine Judge.

Elle note que la demande de maisons individuelles est très élevée, en partie par manque de nouvelles constructions. En comparaison, beaucoup de résidences multifamiliales arrivent sur le marché alors que la demande s’est affaiblie et que des logements à louer à court terme ont été convertis en locations à long terme, venant s’ajouter à une offre déjà élevée.

« Nous sommes désormais entrés dans une nouvelle vague d’infections du coronavirus, et la croissance économique s’annonce faible, alors nous ne voyons pas comment le marché immobilier peut maintenir sa trajectoire actuelle. La propagation du virus mine la confiance des gens et remet en cause la sécurité de leur emploi, incluant parmi les mieux rémunérés cette fois-ci. Nous nous attendons donc à un ralentissement de la demande, même dans le segment des maisons individuelles », entrevoit l’économiste.

Elle croit que les prix des maisons pourraient chuter dans les mois à venir, mais que les maisons individuelles s’en tireront mieux que le segment des condos, où l’offre est plus élevée.

« Ceux qui considèrent l’achat d’un condo à des fins d’investissement devraient se méfier de l’affaiblissement de la demande dans ce segment alors que les nouvelles constructions continuent d’arriver sur le marché », prévient Katherine Judge.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.