Dix ans après l’une des pires crises financières de l’histoire, les subprimes font à nouveau parler d’eux. Mais cette fois, c’est le financement à crédit des automobiles qui menace…

Tous les ingrédients sont réunis pour une nouvelle débâcle, selon Bloomberg. L’achat d’une automobile à crédit est devenu la norme. Et l’utilisation des subprimes, ces papiers commerciaux adossés à des actifs non bancaires, est elle aussi monnaie courante.

Depuis 2009, le montant des subprimes liés aux prêts automobiles et cédés aux investisseurs aux États-Unis a été multiplié par dix, passant de 2,5 à 26 milliards de dollars américains. Parallèlement, le taux de défaut de paiement des crédits (90 jours ou plus) est passé de 3,10 % à 3,82% au cours des trois dernières années.

CRÉDIT TROP FACILE

Pour illustrer le problème, Bloomberg cite l’exemple du partenariat entre le groupe automobile Fiat Chrysler et la banque Santander. Celle-ci n’aurait vérifié les revenus que de 10 % de ceux qui ont contracté des prêts automobiles, dont la majeure partie a servi à financer l’achat de véhicules de marque Chrysler.

Ces prêts ont ensuite été inclus dans un papier commercial d’un milliard de dollars, lui-même cédé sur les marchés, selon la firme Moody’s, citée par Bloomberg.

Sans compter que plusieurs concessionnaires automobiles fermeraient les yeux sur les faibles revenus des acheteurs-emprunteurs en vue d’écouler davantage de véhicules neufs.

Ces papiers commerciaux offrent de bons rendements, de l’ordre de 5 %, précise Bloomberg. Mais jusqu’à quand les investisseurs fermeront-ils à leur tour les yeux sur les risques adossés à ces subprimes?

VENDEURS PEU SCRUPULEUX

Santander a récemment accepté une entente de 26 millions de dollars avec les États du Massachusetts et du Delaware, après que ses pratiques dans le domaine du crédit automobile eurent été remises en question.

La banque n’a ni confirmé ni nié avoir mal agi, bien que le procureur général lui reproche de permettre à des vendeurs peu scrupuleux de vendre des véhicules à des acheteurs incapables de rembourser leur prêt. Pire, un rapport interne de Santander émis en 2013 révèle que 10 des 11 demandes de prêts automobiles d’un concessionnaire du Massachusetts analysées présentent des sources de revenus gonflées ou invérifiables, selon les autorités américaines.

Bloomberg note que les mêmes ingrédients sont réunis qu’en 2007 : des prêts trop faciles, des défaillances précoces et des fraudes. Toutefois, le marché du crédit automobile n’est pas aussi vaste que celui du prêt immobilier. La probabilité d’une crise majeure serait donc bien moindre.

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