Plusieurs industries chinoises ont été bouleversées par les mesures anti-pollution adoptées par Pékin voilà deux ans, note Nicholas McConway, gestionnaire de portefeuille pour l’Asie à Amundi.

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Le gouvernement chinois a développé une ambitieuse stratégie de développement durable, qui se fait déjà sentir dans les rues de Pékin, remarque l’expert.

« Leur but est de maintenir la qualité de vie des Chinois non seulement des points de vue économique et financier, mais aussi environnemental. Après des années de croissance rapide soumise à peu de contrôles, la Chine a subi des niveaux de pollution très élevés », dit Nicholas McConway, qui l’a constaté de lui-même lors de ses voyages dans la capitale chinoise.

« Les voyages à Pékin en hiver étaient des expériences très déplaisantes, surtout lorsqu’on sortait. Cela a mené le gouvernement à faire son introspection et à développer une politique d’efficacité énergétique », raconte Nicholas NcConway.

Voilà deux ans, Pékin a mis en place des réglementations strictes qui forcent les pollueurs à réduire leur consommation d’énergie durant les pics, et le gouvernement s’est montré déterminé à les appliquer. Il y a donc une vraie volonté politique de réduire la consommation d’énergie, et pour cause : si la croissance se poursuit, même à un rythme raisonnable, la consommation d’énergie pourrait croître de 40 % dans les 15 à 20 prochaines années, rappelle l’expert.

« La Chine n’a donc pas le choix de se montrer astucieuse dans sa façon de générer et de consommer l’énergie. Cela revient principalement à utiliser moins d’énergie et favoriser les sources renouvelables », dit-il.

« Les résultats se font déjà sentir dans les rues de Pékin. Dans les deux dernières années, l’hiver en ville a cessé d’être une expérience atroce, et c’est bien plus plaisant. »

Les industries les plus touchées sont bien sûr celles qui consomment le plus d’énergie, comme l’acier, le ciment, le verre ou les produits chimiques.

« Par le passé, ces entreprises récoltaient beaucoup de profit et les réinvestissaient massivement dans l’accroissement de la production, afin d’en tirer encore plus d’argent. Avec la nouvelle réglementation, elles ont dû restreindre leur capacité de production, fermer leurs installations obsolètes, et se tourner vers des technologies plus propres. Puisqu’elles produisent moins, l’offre a baissé et les prix ont monté », relate Nicholas McConway.

« De l’autre côté, certaines entreprises profitent du virage vers une Chine plus propre, comme les distributeurs de gaz naturel qui vendent plus de volume, et les manufacturiers d’équipements pour la production d’énergie solaire ou éolienne. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.