Dans sa chronique parue dimanche sur LaPresse+, Stéphanie Grammond vante les mérites des conseillers-robots. Flavio Vani fulmine.

Exemples à l’appui, la journaliste démontre en effet que, quel que soit le niveau de risque, les services automatisés ont très bien performé l’an dernier.

Voici quelques chiffres :

– Portefeuille prudent (65 % d’obligations et 35 % d’actions) : les conseillers-robots livrent des rendements s’échelonnant entre 3,2 et 5,2 %, alors que les fonds communs de placement comparables ont eu un rendement de 3,7 % l’année dernière.

– Portefeuille équilibré (50 % d’obligations et 50 % d’actions) : La performance des robots oscillent entre 5,5 et 7,8 %, contre 5,5 % pour la moyenne des fonds communs équilibrés.

– Portefeuilles audacieux (essentiellement constitués d’actions) : les rendements des robots vont de 10,7 à 12,8 %. Nettement mieux qu’un fonds commun équilibré mondial d’actions à 8,5 %.

Et de conclure que, manifestement, les frais plus faibles des robots se traduisent par des rendements plus élevés.

MIGRER VERS UN ROBOT?

« Si votre conseiller vous traite aux petits oignons et vous fait une planification financière sophistiquée (retraite, succession, assurance, fiscalité, etc.), peut-être que le jeu en vaut la chandelle, conclut-elle. À vous de juger. Mais s’il ne vous appelle qu’une fois par année pour vous dire de faire votre cotisation au régime enregistré d’épargne-retraite (REER), le temps est peut-être venu de migrer vers un robot. »

Contacté par Conseiller, le président de l’Association professionnelle des conseillers en services financiers (APCSF), Flavio Vani, fulmine. Pour lui, il faudrait tout simplement arrêter d’appeler les robots-conseillers des robots-conseillers puisqu’ils ont tout d’un robot et rien d’un conseiller.

« Ce sont des robots tout court, estime-t-il. Aucun ordinateur ne peut donner des conseils. Les machines sont des outils, pas des conseillers. »

RASSURER LE MONDE

M. Vani explique que le conseiller bâtit une relation avec son client. Qu’il ne fait pas que lui vendre des produits, mais les produits qui lui conviennent le mieux. Qu’il ne fait pas que de la répartition d’actif, mais qu’il a le savoir-faire pour déterminer, selon le cas, s’il est préférable de placer dans un REER, un CELI ou un REEE.

« Sans parler de tout le côté humain, ajoute-t-il. Aujourd’hui, on pavoise parce que cela fait 5, 6, 7 ans que les marchés sont en croissance. Mais moi j’étais là en 1987, en 2000 et encore en 2008. Lorsque tout le monde a peur de tout perdre, le monde a besoin de gens comme moi pour les rassurer et leur éviter des grosses bêtises. Ce n’est pas un robot qui va faire ça! »

Conseiller a également tenté de joindre Mario Grégoire, président du Conseil des professionnels en services financiers (CDPSF). À l’heure de publier ces lignes, il n’avait pas retourné l’appel.

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