La concurrence bancaire s’intensifie

Par James Langton | 2 avril 2026 | Dernière mise à jour le 2 avril 2026
3 minutes de lecture
Tours de banque modernes à Francfort en fin d’après-midi, capturées en grand angle.
Nikada / iStock

Dans un contexte de changement d’approche des autorités de réglementation bancaire américaines, un nombre croissant d’entreprises non financières demandent et obtiennent des licences bancaires, selon un rapport de Fitch Ratings. L’agence souligne toutefois que les grandes entreprises technologiques pourraient se heurter à une opposition de la part du secteur bancaire traditionnel et des régulateurs.

Dans un rapport récent, l’agence de notation souligne que les demandes de chartes bancaires de type industrial loan company (ILC) — un régime permettant à des entreprises non bancaires de détenir une banque et d’accepter des dépôts sans être soumises aux mêmes exigences de capital et de supervision que les institutions fédérales — ont « nettement augmenté au cours de la dernière année », tout comme le nombre d’approbations.

Depuis janvier 2026, trois nouvelles chartes ont déjà été accordées et cinq demandes sont actuellement en attente, précise Fitch Ratings.

Avant 2026, l’obtention de ce type de licence était difficile pour les entreprises.

Selon le rapport, entre 2006 et 2020, « toutes les demandes ont été retirées ou rejetées en raison d’une forte opposition politique et de l’industrie ». Entre 2020 et 2026, trois chartes ont été accordées, à la suite de l’adoption par la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) d’une nouvelle règle encadrant la supervision de ces entités.

Puisque ce total a déjà été égalé depuis le début de l’année, Fitch Ratings s’attend à ce que la tendance se poursuive, compte tenu d’une orientation plus favorable des régulateurs à l’égard du secteur et de la perspective d’une concurrence accrue provenant des fintechs et d’autres institutions financières non bancaires.

« Les ILC réduisent la nécessité pour les entreprises non bancaires de s’associer à des banques, en leur donnant accès au financement par dépôts et la capacité d’offrir certains services bancaires à l’interne […] ce qui améliore l’efficacité et réduit les coûts », souligne le rapport.

Par ailleurs, des entreprises issues de divers secteurs — notamment le commerce de détail, les services, l’industrie manufacturière et les technologies — ont manifesté leur intérêt pour ce type de licence. Plusieurs constructeurs automobiles ont déjà obtenu ou ont demandé de telles chartes, indique l’agence de notation.

Cependant, les demandes provenant de grandes entreprises technologiques pourraient continuer de susciter des résistances de la part des régulateurs et du secteur bancaire, en raison de préoccupations liées à un éventuel avantage concurrentiel ou réglementaire, notamment en raison de leur accès à d’importants volumes de données sur les consommateurs.

« Les critiques soutiennent que l’acquisition de chartes bancaires par de grandes entreprises commerciales ou technologiques pourrait entraîner une concentration des actifs financiers et technologiques, accroître les risques de conflits d’intérêts, affaiblir les normes d’octroi de crédit et potentiellement nuire à la stabilité du système bancaire américain », conclut le rapport.

Abonnez-vous à nos infolettres

James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.