L’action de la Banque TD a plongé de plus de 8% hier à Toronto. Les investisseurs n’ont pas digéré le fait que la deuxième banque en importance au pays, crise de liquidité oblige, devance de deux semaines la publication des résultats du 4e trimestre.

Il faut dire que les données ne sont pas réjouissantes. La TD déclarera le 4 décembre prochain un bénéfice par action de 1,22$. Mauvaise nouvelle, car les analystes anticipaient 1,30$ par action. La TD explique cette contre-performance par deux facteurs:

1. Une perte de 350millions de dollars dans les services bancaires de gros. La crise des liquidités, dit la TD, a creusé les écarts de prix entre les actifs et les produits de protection du crédit. Elle a réagi en réduisant ses activités de négociation de crédit «de façon ordonnée». Le but était de reclasser des actifs financiers détenus pour de fins de transaction pour les rendre disponibles à la vente. «Le positionnement stratégique de TD dans le secteur Services bancaires de gros nous a aidés à éviter la plupart des problèmes qu’ont subis les banques de partout dans le monde. Cela dit, il est impossible d’échapper complètement à la crise de liquidités sans précédent qui secoue les marchés depuis quelques mois», a déclaré Ed Clark, pdg de la Banque TD.

2. Une perte de 153millions de dollars au secteur Siège social. Normalement, la perte dans ce secteur avoisine les 40millions de dollars. Le recul du 4etrimestre est attribuable en grande partie aux marchés illiquides, à un déficit sur des opérations de titrisation et au rendement négatif de certains placements.

La TD avait quand même deux bonnes nouvelles à annoncer. Premièrement, elle a enregistré un gain de 323millions de dollars résultant de la réduction de la provision qu’elle a constituée pour faire face au litige lié à Enron. Deuxièmement, ses activités de détail ont généré un bénéfice de 1,05milliard de dollars au 4etrimestre. Son ratio de fonds propres de première catégorie est de 9,8%.

La Banque TD vise toujours un bénéfice de 4 milliards de dollars pour ses activités de détail en 2008.

«Nous demeurons une banque dont la situation de fonds propres est forte et qui maintient une position prudente étant donné que plus de 90% de nos bénéfices proviennent de nos activités de détail», a dit Ed Clark.