L’économie canadienne devrait éviter la récession

15 avril 2008 | Dernière mise à jour le 16 août 2023
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«Si le Canada était une île, on parlerait d’essor économique plutôt que de risque de récession.» Marchés mondiaux CIBC a choisi cette comparaison évocatrice pour illustrer, dans ses dernières prévisions économiques, son optimisme vis-à-vis de l’économie canadienne au cours de 2008 et de 2009.

Selon la banque d’investissement, l’économie canadienne, riche en énergie et en ressources, ne suivra pas l’économie américaine dans une récession. Les prix mondiaux des marchandises, du pétro, et du gaz continuent de se maintenir à des niveaux records malgré le ralentissement américain. Cela favorise la «croissance fulgurante des revenus» au Canada, tant pour les particuliers que pour les entreprises. Les dépenses des ménages, qui affichent une hausse notable, et les coffres «bien garnis» de l’État traduisent ces gains. «La vigueur de l’économie canadienne en 2008 soutiendra celle du huard, qui devrait atteindre 1,05 $US d’ici la fin de l’année», prédit Marchés mondiaux CIBC.

Certes, toutes les récessions ayant frappé les États-Unis au cours des 50 dernières années ont entraîné au moins un important ralentissement au Canada. Toutefois, notent les économistes de la CIBC, l’économie canadienne ne marche pas toujours au même pas que celui de nos voisins du sud. «En effet, le ralentissement économique au Canada a été moins marqué lorsque le premier choc a frappé les États-Unis là où leur économie était la plus vulnérable, comme ce fut le cas avec la crise du pétrole de 1974 associée aux décisions de l’OPEP, avec l’éclatement de la bulle des titres de la technologie, en 2001, et maintenant, avec la crise des prêts hypothécaires de 2008», estiment-ils.

Si l’économie américaine chancelle, le Canada, au contraire, présente un paysage où la demande intérieure est vigoureuse, particulièrement du côté des dépenses en consommation, qui ont gagné plus de 7 % au 4e trimestre de 2007. Certes, on ne pourra pas maintenir ce «rythme effréné de croissance» très longtemps. Mais quand même, les données de base relatives au revenu des ménages, combinées à d’autres réductions des taux d’intérêt, indiquent que la consommation réelle devrait augmenter de 3 % en 2008, «même si le taux de chômage devait grimper temporairement cet été».

Le secteur manufacturier canadien restera vulnérable à la récession américaine et à la force du dollar canadien. C’est en Ontario que ces «deux forces se feront le plus sentir», et l’économie de la province sera celle qui risque le plus d’être entraînée dans sa propre récession. La CIBC prévoit que la Banque du Canada réduira son taux préférentiel de 75 points additionnels, qui se situera à 2,75 % seulement, tout en étant de 150 points au-dessus de l’objectif de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Parlant des États-Unis, les économistes de la CIBC croient que l’économie américaine continuera de se détériorer au cours des prochains mois, mais que la récession qui sévit là-bas sera de courte durée. Les États-Unis, disent-ils, mettent beaucoup de poids dans le combat contre la récession : l’importante baisse du taux de la Fed, quelque 100 milliards de dollars en prêts consentis par la Fed ainsi que l’octroi probable par le Congrès d’une somme de 300 milliards de dollars afin de soutenir les hypothèques à risque «devraient sortir l’économie américaine de la récession d’ici le second semestre de l’année».

Pour consulter les dernières prévisions économiques de Marchés mondiaux CIBC(en anglais), cliquez ici