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Le « Podcast de l’émergence » est une série de balados visant à faire découvrir les gestionnaires émergents du Québec. Aujourd’hui : Gabriel Cefaloni, gestionnaire de portefeuille, chef de placement et cofondateur de Nymbus Capital.

Mathématicien, informaticien et financier, Gabriel Cefaloni, cofondateur de Nymbus Capital, a une approche particulière dans la gestion de portefeuilles spécialisés en revenu fixe.

« Ça peut sonner douteux, mais je considère les actions comme un art où les éléments sont qualitatifs, alors que les obligations se rapprochent de la science. C’est quelque chose de mathématique », lance le mordu de calcul et de données.

Nymbus Capital a pignon sur rue dans le quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal. Il règne dans les bureaux de la jeune firme aux plafonds de 12 pieds et planchers de bois une ambiance de start-up, question de briser l’aspect traditionnel des affaires qui s’y brassent.

« Le revenu fixe, c’est une catégorie d’actif assez conservatrice et les solutions qu’on propose restent dans cet esprit, explique M. Cefaloni. Mais on utilise l’intelligence artificielle, les mégadonnées (big data) et l’informatique distribuée pour nous aider à construire des portefeuilles ».

Une approche qui permet, selon lui, d’éviter les surprises ou, du moins, de les décoder plus facilement.

PUISSANCE INFORMATIQUE

Le bureau dans lequel opère Gabriel Cefaloni est tapissé de 24 écrans qui projettent différents modèles quantitatifs utilisés dans le travail d’analyse de Nymbus Capital. Cela permet de voir les relations entre différentes obligations et d’observer, lorsqu’arrive un choc économique, si elles sont synchronisées ou pas.

« La désynchronisation est généralement une meilleure chose. On essaie de voir comment on peut minimiser les rendements négatifs. »

Se décrivant comme étant « le geek de la compagnie », Gabriel Cefaloni raconte que son équipe et lui ont développé leurs propres algorithmes et se servent la puissance de milliers d’ordinateurs pour effectuer ces calculs. Doivent-ils les pirater pour réussir à en utiliser autant?

« [Rires] Non, on utilise des réseaux d’ordinateurs, comme celui du MATLAB, qui est une compagnie spécialisée dans l’analyse mathématique, explique-t-il. Il faut beaucoup d’appareils pour solutionner nos calculs d’optimisation où il y a des millions, voire des milliards de données à analyser. Ça prendrait des mois le faire nous-mêmes. MATLAB nous donne accès à 10 000, 15 000 ordinateurs pour résoudre des calculs de manière très rapide. »

Sans surprise, la personne qui a le plus influencé sa méthode de travail est James « Jim » Simons, informaticien de l’armée américaine, puis fondateur du fonds d’investissement Renaissance Technologies.

« Il déchiffrait les messages codés durant la guerre du Vietnam. C’est un mathématicien phénoménal qui a changé de carrière pour lancer un fonds spéculatif purement scientifique. C’est un pionnier de la gestion de portefeuille utilisant seulement des modèles informatiques. Pendant trente ans, son fonds a livré 34 % de rendement annuel », explique Gabriel Cefaloni, enthousiaste.

Avec la collaboration de Caroline Ethier.

Un peu plus sur Pierre-Luc Poulin et le « Podcast de l’émergence »

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Détenteur d’un baccalauréat en administration des affaires, Pierre-Luc Poulin a poursuivi sa formation à l’Institut canadien des valeurs mobilières où il a obtenu le titre de fellow (FCSI). Après avoir travaillé dans les milieux financiers et bancaires, il est devenu, en janvier 2001, formateur indépendant. Outre la finance, il enseigne également en communication et marketing et est auteur de publications sur le marketing web, Warren Buffett, ainsi que de romans.

L’idée du « Podcast de l’émergence » lui est venue au printemps 2018, à la suite d’une rencontre avec des gestionnaires de patrimoine émergents du Québec. Pierre-Luc Poulin entreprend alors de les faire découvrir au public par ce balado, mais aussi la publication du livre Québec & cie : investir grâce aux gestionnaires en émergence du Québec, qui devrait paraître en novembre 2018.