• Ce texte est paru dans l’édition de mai 2007 de Conseiller.
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« Qui sait flatter sait aussi calomnier »

Napoléon Bonaparte*

Dans la mythologie classique, Narcisse fut séduit par sa propre image reflétée dans l’eau d’une fontaine. Cet été, si vous engagez un étudiant, vous risquez d’avoir un émule de Narcisse comme employé.

Dans une étude américaine[1] qui mesure le degré de narcissisme chez les étudiants par le biais d’un questionnaire, il a été démontré que les diplômés de 2006 étaient 30 % plus narcissiques que ceux de 1982.

C’est donc qu’après les générations X et Y, nous avons maintenant la génération M pour Moi avec un M majuscule!

Complimentez un employé sans flagorner:

  1. Évitez l’hyperbole. Un bon coup ne fait pas pour autant un génie
  2. Utilisez les courriels avec modération: une note écrite à la main est plus efficace qu’un courriel, particulièrement pour souligner une belle réussite.
  3. Vous n’aurez pas toujours le choix, vous devrez applaudir souvent et de différentes façons ces nouveaux Narcisses du monde du travail.

Complimenter selon les générations

Il semblerait également qu’un bon patron doive souligner la qualité du travail différemment selon l’âge de ses employés:

  • Les gens de plus de 60 ans aiment les remises de prix plus formelles, par exemple dans le cadre d’un souper ou d’un événement. Pour ces gens, qui ont souvent travaillé dans un contexte où les félicitations étaient inexistantes, ne pas se faire blâmer est considéré comme une forme de compliment.
  • Les baby-boomers préfèrent, quant à eux, recevoir des cadeaux: des massages pour les femmes et des gadgets électroniques pour les hommes.
  • Ceux de moins de 40 ans optent pour des cadeaux plus tendance et nécessitent un encouragement régulier et soutenu.
  • Pour les plus jeunes, préparez-vous à les féliciter très souvent et pour tout. On ne parle pas du thème de l’enfant roi pour rien!

C’est peut-être vous le problème

Selon une autre étude[2], 60 à 75 % des employés, peu importe la taille de l’entreprise, affirment que le pire élément de leur travail est leur patron.

Ne vous en faites pas trop car la littérature sur le sujet regorge de livres qui vont faire de vous un patron à la sauce du jour. Un patron qui est aussi un parent substitut, quelqu’un qui croit dans le potentiel de ses employés et veut les voir grandir, se développer. Vous pouvez aussi suivre l’exemple du patron bouddha qui exulte la bonté ou du patron serviteur qui est au service de ses employés.

Le patron idéal

Selon certains psychologues, voici le portrait du patron idéal:

  • Il fait preuve d’ouverture (aux nouvelles expériences, nouvelles idées, nouvelles approches);
  • Il aime la diversité;
  • Il évite la routine et s’adapte facilement;
  • Il est consciencieux, agréable et a du charisme.

Ceci étant dit, les gens ont tendance à identifier un patron idéal en fonction de leur propre vision du patron idéal et non des qualités qui peuvent et devraient le définir. En soi, quelqu’un qui a l’air d’un patron a probablement plus de chances de le devenir qu’un autre candidat qui n’en aurait que les qualités.

Curieusement, quelqu’un qui fait preuve de narcissisme est souvent identifié à un leader qui peut mener à bien le changement dans une entreprise. Comme employé, les qualités que l’on admire chez un patron sont souvent différentes de celles qui sont nécessaires pour accomplir le travail requis pour faire croître une entreprise.

Au Cirque du Soleil, par exemple, ils avaient engagé un fou du roi, probablement pour motiver les employés et mettre un peu de folie dans l’entreprise. Outre le coup médiatique, le fou ne resta que deux mois au Cirque. Alors, ne vous en faites pas trop si vous ne pouvez sauver le petit Narcisse que vous venez d’engager ou vous transformer en patron bouddha. En fait, comme patron, méfiez-vous du petit Narcisse car ce qu’il reluque, c’est votre job.

François Gaboury est consultant en communications financières. Si vous désirez être l’objet d’une de nos chroniques marketing, vous pouvez communiquer avec François au (francoisgaboury@hotmail.com).



* Homme politique (1769-1821)
[1] Étude multi-universitaire utilisant les résultats d’un test standardisé sur la personnalité narcissique, et administré à 16 475 collégiens américains, Jean Twenge, professeur de psychologie, San Diego State University. « The Most-Praised Generation Goes to Work », publié dans The Wall Street Journal, Jeffrey Zaslow, 20 avril 2007
[2] Loving Yourself Abundantly, Timothy Judge, professeur à l’Université de Floride, 2006. Publié dans le New York Magazine, Steve Fisman, 9 avril 2007


• Ce texte est paru dans l’édition de mai 2007 de Conseiller.
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