• Ce texte est paru dans l’édition d’avril 2005 de Conseiller. Il est aussi disponible en format PDF.
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Les clients qui gagnent une somme importante d’argent ou en héritent ont leur lot de défis à relever.

Hériter de plus de un million de dollars est certes fantastique, mais les pièges qui accompagnent un legs de cette taille sont légion. C’est pourquoi le conseiller peut être d’un grand secours aux héritiers, affirme le fiscaliste Tim Cestnick, directeur général du Groupe de planification fiscale et successorale d’AIC. «Plus l’héritage est important, plus les défis qui guettent vos clients le seront», précise-t-il.

Le piège le plus évident est de trop dépenser, trop rapidement, puisque le client perçoit cette succession comme une manne. Il devrait plutôt s’allouer un pourcentage pour les folles dépenses, suggère M. Cestnick. «Si le client désire se laisser aller et dépenser de l’argent, alors laissez-le prendre 5 % de l’argent et le gaspiller.»

Autre écueil potentiel : la réaction psychologique négative, qui peut se manifester sous forme de paranoïa, de lassitude, d’immaturité et d’insuffisance. «L’immaturité et la paranoïa sont les plus communes. Les héritiers peuvent être privés des défis que la vie apporte, et cela peut entraver leur croissance personnelle.»

Quant à la paranoïa, plus précisément, elle peut se manifester quand les héritiers très aisés deviennent la cible de l’avarice des autres. «Les nouveaux amis sortent de nulle part, et on doit s’interroger sur leurs intentions. On commence alors à se méfier des autres, et établir des relations devient plus difficile. Le conseiller ne peut rien contre cela, mais il peut aider son client à mieux gérer cette situation. Les clients qui évitent de faire l’étalage de leur richesse minimisent ce type de problèmes.»

La retraite précoce est une autre réaction commune à bon nombre de personnes à qui échoit un important héritage, mais ce n’est pas toujours la bonne solution, selon M. Cestnick. Il cite en exemple un homme de 35 ans qui a hérité de un million de dollars et qui a quitté son emploi sur-le-champ. «Je n’ai jamais rencontré un homme plus misérable, puisqu’il n’avait pas planifié l’emploi de son temps pour le reste de ses jours. On ne quitte pas son emploi comme cela : il faut planifier sa retraite et décider ce qu’on fera de son temps.»

Tim Cestnick
Tim Cestnick

QUOI FAIRE DE L’HÉRITAGE

Il n’y aurait réellement, explique M. Cestnick, que quatre options pour disposer d’un legs : l’investir, le dépenser, l’utiliser pour payer des dettes ou le donner. La bonne stratégie à adopter dépend de la situation du client. «S’il est endetté, mais qu’il profite d’un revenu stable et qu’il n’a qu’un petit pécule pour la retraite, la première option est d’investir l’argent ou encore d’en investir et de payer des dettes. Mais un client qui n’a aucune dette, un revenu stable et un bon fonds de retraite pourrait en dépenser davantage, tout en continuant à investir.»

À titre de fiscaliste, M. Cestnick offre bon nombre de conseils pratiques pour maximiser l’héritage en minimisant l’impact fiscal. «Assurezvous que le testament est conçu de manière à ce que les héritiers en conservent davantage, suggère-t-il. Déclarez les pertes durant la première année de la succession, car toute perte réalisée par la succession dans la première année peut être reportée au dernier remboursement d’impôt de la personne décédée pour contrecarrer un gain en capital ou une autre forme de revenu.»

La résidence principale est une autre considération importante. «Si on prévoit vendre la résidence de la personne décédée peu après sa mort, il faut s’assurer qu’aucun bénéficiaire n’y habite, conseille M. Cestnick, car, si un héritier y habite, elle devient une propriété d’usage personnel, et on ne peut réclamer une perte en capital.»


• Ce texte est paru dans l’édition d’avril 2005 de Conseiller. Il est aussi disponible en format PDF.
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