Les Canadiens ont accès gratuitement à leur médecin. Pourquoi pas à leur planificateur financier? La mesure serait bénéfique pour toute la société, conclut une nouvelle étude.

Pour attirer, servir et retenir des clients, les planificateurs financiers ont besoin de plus que de simples compétences techniques et aptitudes en marketing. Une étude publiée par le Financial planning standards council (FPSC) souligne en effet l’importance de « l’autoefficacité » dans la décision de demander de l’aide professionnelle en planification financière. Ses résultats laissent entendre qu’une société qui a une autoefficacité élevée pourrait faire davantage appel aux services des planificateurs financiers.

Autoefficacité? Ou la conviction qu’une personne a de pouvoir gérer efficacement son budget. La confiance, quoi. L’étude démontre donc que les personnes qui ont une grande confiance en leur capacité à gérer leurs affaires financières savent mieux déterminer le moment où elles ont besoin d’aide. A contrario, celles qui ont peu d’autoefficacité financière pourraient être moins capables de gérer leurs affaires financières et donc de déterminer à quel moment elles ont besoin d’aide.

En somme, la confiance est nécessaire pour simplement prendre un rendez-vous avec un conseiller, suggèrent les auteurs.

Et plusieurs études ont déjà démontré que la planification financière professionnelle améliore le bien-être financier. Celle-ci augmente les revenus à la retraite, certaines stratégies pouvant ajouter 3 % par année au rendement net. Mais c’est tout le bien-être en général qui se trouve également bonifié puisqu’il est aujourd’hui prouvé que la prise de bonnes décisions financières améliore la santé psychologique des personnes.

AMÉLIORER LA LITTÉRATIE FINANCIÈRE

Comment dès lors améliorer l’autoefficacité financière des gens, afin qu’ils viennent plus nombreux consulter un planificateur financier? En éduquant.

« Des efforts continus sont déployés aux États-Unis et au Canada pour améliorer la littératie financière, peut-on lire dans le document. L’argument essentiel est le suivant : si les citoyens ont un meilleur niveau de littératie financière, ils gagneront en confiance en la matière et prendront ainsi de meilleures décisions financières, ce qui améliorera leur bien-être. »

Mais cela n’est cependant pas suffisant. Selon les auteurs de l’étude, en plus de l’autoefficacité, la richesse des personnes est l’autre grand critère qui fait en sorte qu’une personne prendra rendez-vous avec un planificateur financier ou non. Et pas seulement parce que les plus riches ont davantage besoin de conseils pour faire fructifier leur pactole. Parce que le fait d’avoir à payer une consultation peut être un frein pour certains.

UN SERVICE UNIVERSEL?

Suggestion des auteurs : mettre en place des politiques qui garantissent que tous aient un accès de base à des conseils financiers.

La Fondation pour la planification financière souligne en effet que certains services jugés essentiels par la société sont offerts gratuitement ou à faible coût par les gouvernements ou autres organismes. Les soins de santé sont accessibles universellement sans frais supplémentaires au Canada, et ceux qui ne peuvent pas se permettre les services d’un avocat ont accès à une aide juridique.

Il est démontré que le stress issu de problèmes financiers peut affecter la santé mentale et physique. Or, ce savoir ne s’est pas traduit par une aide en gestion financière pour la plupart des citoyens.

« Bref, l’accès à des conseils financiers n’est pas bien coordonné ni financé, conclut les auteurs. Peut-être avons-nous besoin d’une politique plus globale pour régler ce problème. Il y aurait un certain mérite à examiner le principe de cliniques financières modelées sur l’accessibilité à l’aide juridique. Finalement, il pourrait être louable de mettre en place des politiques qui garantissent que tous ont un accès de base à des conseils financiers. »

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