<< Page précédente

Éric Weynant, qui n’a pas répondu à nos multiples demandes d’entrevue, est diplômé de l’Institut national des sciences appliquées de Lyon (INSA), où il a rédigé une thèse sur les polymères. Il se présente aussi comme un ancien chercheur du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), l’un des principaux organismes de recherche en France.

Plusieurs des investisseurs auxquels nous avons parlé qualifient M.Weynant de « génie ».

L’homme d’affaires a un passé d’entrepreneur dans son pays natal. Au début des années 1990, Éric Weynant dirigeait l’entreprise Imago, basée dans le sud de la France. L’entreprise se spécialisait dans les thermomarqueurs utilisant des alliages à mémoire de forme. Thierry Lours, alors jeune ingénieur, a été son employé pendant quatre ans. « Nous en étions à l’étape de la mise au point des prototypes », se souvient-il. Déjà, Éric Weynant court après les financements. En 1992, un article du journal français Les Échos (« La chasse aux subventions d’une PMI ») relaie l’appel d’Éric Weynant pour obtenir davantage de fonds publics, alors qu’Imago a déjà récolté 3 millions de francs de subventions (environ 700 000 dollars à l’époque). L’entreprise fait faillite et est liquidée en 1996, indique le registre français des entreprises. M. Lours a dû se présenter devant un tribunal pour récupérer plusieurs mois de salaires non versés, affirme-t-il. « Depuis, je n’ai plus entendu parler de lui. »

Quand on lui raconte l’histoire de PhasOptx qui, fondée en 2000, a accumulé des dizaines de millions de dollars de capitaux, sans lancer le moindre produit, M. Lours est interloqué : « Quatorze ans! Mais on ne tient pas 14 ans comme ça, quand même? »

Éric Weynant. Source : site Web de la région de Thetford Mines
Éric Weynant
Source : Site Web de la région de Thetford
« Dompteur d’atomes »

Après l’aventure française d’Imago, Éric Weynant traverse l’Atlantique pour fonder Imago Technologies International au Québec, en janvier 1996. Ce n’est pas une surprise puisque quatre ans auparavant il pensait déjà s’implanter dans la province. L’homme d’affaires se présentait alors comme un expert « dans le domptage d’atomes ».

Dans une entrevue accordée au journal Les Affaires en 1992, Éric Weynant annonçait ainsi ses projets québécois : « Je souhaite que l’élevage d’atomes devienne aussi important pour le Québec que l’a déjà été l’élevage d’animaux. » L’aventure se révèle plus compliquée que prévu. En 2010, l’entreprise est radiée d’office du Registre des entreprises du Québec, après avoir reçu trois avis de défaut.

« Conformément à la Loi sur la publicité légale des entreprises, le Registraire envoie un avis de défaut à toute entreprise ayant omis de produire une déclaration de mise à jour annuelle avant de procéder à la radiation d’office de son immatriculation », peut-on lire sur le site du Registre des entreprises du Québec.