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Le quotidien américain Wall Street Journal a compilé les 10 choses que les employés ne confieront jamais à leur employeur. Nous vous présentons les cinq premières cette semaine et les cinq autres, la semaine prochaine.

1. « JE NE SUIS PAS VRAIMENT MALADE » 

Jeremy Goldman n’aurait jamais su que son employée n’était pas vraiment malade n’eût été du fait qu’il est allé faire un tour ce jour-là sur Instagram, un réseau social utilisé par les internautes pour publier des photos que n’importe qui peut voir. Ce sont les photos publiées par cette employée et ses « check-in » sur Foursquare qui ont mis la puce à l’oreille de M. Goldman, alors directeur d’une compagnie de produits de beauté à New York. Son employée « malade » avait passé sa journée à un match des Yankees et était allée visiter le zoo du Bronx. Fait cocasse, cette employée était responsable de la mise à jour des médias sociaux. M. Goldman, qui a depuis quitté cette entreprise, n’a pas renvoyé l’employée, mais a eu une conversation délicate avec elle.

Aux États-Unis, le nombre d’employés qui prennent de faux congés de maladie est en hausse, rapporte le Wall Street Journal, qui cite une étude menée par le Workforce Institute at Kronos, une compagnie qui aide les entreprises à analyser le taux d’absentéisme et la gestion du temps des employés. De 2006 à 2010, le nombre d’employés qui ont affirmé être malades alors qu’ils ne l’étaient pas a augmenté de 18 % chez nos voisins du Sud. L’année dernière, 52 % des employés états-uniens avaient admis avoir menti à ce propos. Les deux activités préférées des employés lors de ces journées : écouter la télé et rester au lit.

Faire le travail buissonnier est plus fréquent dans les pays qui n’exigent pas que les employeurs offrent des journées de maladie rémunérées. Il semble que les employés qui savent qu’ils ont des jours de congé payés ont plus tendance à prévoir ces congés, alors que ceux qui n’ont pas cet avantage sont plus nombreux à se déclarer malades à la dernière minute afin de prendre soin d’un membre de leur famille mal-portant ou pour vaquer à des occupations personnelles, explique Joyce Maroney, directrice du Workforce Institute at Kronos.

Par exemple, en Chine, où les congés de maladie ne sont pas obligatoires, 71 % des employés se déclarent faussement malades, mais seulement 18 % des travailleurs français le font, puisque les entreprises françaises offrent des journées de maladie. Aux États-Unis, plusieurs compagnies proposent de tels congés, mais ce n’est pas obligatoire. Pour Mme Maroney, « si la compagnie n’a pas mis en place de procédures quant aux jours de congé rémunérés, il y aura probablement plus d’employés qui ne viendront pas quand ils n’auront pas envie de venir ».

2. « JE SUIS FATIGUÉ DE TRAVAILLER SI FORT »

Outre les journées au baseball ou au zoo, la vaste majorité (62 %) des Américains qui ne sont pas vraiment malades affirment qu’ils sont restés à la maison parce qu’ils étaient trop stressés et qu’ils avaient besoin d’une journée de congé, selon le sondage de Kronos. « Plusieurs personnes travaillent dans des entreprises où il y a eu beaucoup de mises à pied, notamment au cours des dernières années, explique Mme Maroney. La charge de travail est la même, mais les employés sont moins nombreux. »

Les employeurs devraient s’assurer qu’ils comprennent bien la charge de travail de chaque employé et qu’ils offrent à chaque membre de l’équipe la formation et l’aide dont ils ont besoin pour être efficaces. Si la culture d’entreprise favorise la communication quand les employés sont débordés, ces derniers auront plus tendance à prévoir des pauses quand ils en ont besoin. Mme Maroney ajoute que « la plupart des gens viennent travailler parce qu’ils veulent faire un bon travail ».

3. « JE SUIS VRAIMENT OCCUPÉ… À METTRE À JOUR MON PROFIL FACEBOOK »

La plupart des employés font perdre un peu de temps à leur employeur, puisque 64 % de ceux interrogés par Salary.com affirment visiter des sites non liés au travail chaque jour. Mais la bonne nouvelle pour les employeurs, c’est que le nombre d’employés qui perdent leur temps est en chute depuis 2008, puisque, en partie à cause de la crise économique, plusieurs employés se retrouvent avec plus de travail sur les bras.

Pour la plupart, c’est un problème assez mineur, puisque 39 % des employés avouent qu’ils passent moins d’une heure par semaine à faire des recherches personnelles au bureau et 29 % jusqu’à 2 h. Mais d’autres sont plus facilement distraits : 21 % des employés avouent perdre jusqu’à 5 h par semaine. Ceux qui ont plus tendance à le faire sont les employés instruits âgés de 26 à 35 ans. Eh oui, Facebook est l’une des destinations préférées de ces flâneurs.

Ces employés flânent pour de multiples raisons, mais la plus commune est le manque de motivation. Trente-cinq pour cent (35 %) de ces travailleurs disent qu’ils n’ont pas assez de défis au travail, alors que 23 % disent perdre du temps parce qu’ils s’ennuient. Afin d’éviter de payer des gens pour qu’ils passent leur temps sur Facebook, les superviseurs devraient imposer des règles claires quant à l’utilisation des médias sociaux, et revenir sur le sujet souvent avec leurs employés.

4. « JE POSTULE POUR D’AUTRES EMPLOIS PENDANT QUE TU LIS CECI »

La plupart des employeurs croient que les employés insatisfaits regardent ailleurs. Mais ce qu’ils ne réalisent peut-être pas, c’est que même si les gens affirment être heureux dans leur boulot actuel, ils regardent quand même si l’herbe est plus verte ailleurs. Dans un autre sondage mené encore une fois par Salary.com, 56 % des travailleurs affirment qu’ils envisagent de chercher un autre emploi dans l’année et 31 % des employés appréciant leur travail en ont quand même cherché un autre. Autre fait cocasse, 46 % des travailleurs interrogés avouent avoir cherché un autre emploi… alors qu’ils étaient au travail.

Il faut dire que le meilleur temps pour trouver un nouvel emploi, c’est quand on travaille, explique Caroline Ceniza-Levine, coach de carrière à SixFiguresStart et ancienne recruteuse en entreprise. De plus, les gens n’ont pas le choix de garder secrète cette recherche d’emploi. Elle ne suggère pourtant pas aux employés de faire leurs recherches alors qu’ils sont au travail. En tant que recruteuse, elle affirme que « si quelqu’un m’envoie quelque chose de son adresse professionnelle, c’est un signal d’alarme pour moi ». Les employeurs doivent comprendre que la plupart de leurs employés gardent un œil sur les occasions qui pourraient se présenter. Mais si un employé passe son temps à faire de la recherche d’emploi au bureau, c’est un problème qui doit être réglé.

5. « MON C.V. EST PLEIN DE PETITS MENSONGES »

Kevin Sheridan, vice-président principal à Avatar HR Solutions, a appris à la dure qu’il est important de vérifier et vérifier encore les C.V. des employés. Une employée à temps partiel de sa compagnie était sur le point d’être promue à un poste à plein temps. Pendant le processus, on s’est aperçu que cette employée avait menti quant à un diplôme universitaire qu’elle n’avait jamais reçu. « Nous avons reçu une télécopie avec papier à en-tête de l’université, confirmant la date de délivrance du diplôme », explique M. Sheridan. Mais quelque chose clochait. « Nous avons renvoyé la lettre à l’université afin qu’ils la vérifient. » La réponse de l’université est tombée comme un coup de masse : « Nous n’avons pas utilisé ce papier à en-tête depuis 20 ans. » L’employée a été renvoyée peu de temps après. Le pire, c’est qu’elle n’aurait pas eu à mentir pour obtenir le poste. « Je pense que nous l’aurions engagée même si elle avait eu un niveau de scolarité plus bas. »

Une majorité d’employeurs ont trouvé des inexactitudes, comme de fausses dates quant aux emplois précédents, des salaires antérieurs plus bas que ce qui avait été affirmé et des titres d’emplois fictifs. M. Sheridan suggère de vérifier les références, et de demander des références supplémentaires, notamment de collègues et de supérieurs qui ne sont pas inscrits sur le C.V.