Soyons réalistes : même lorsque les petites entreprises inscrivent le mieux-être à leur programme, elles se retrouvent souvent dépassées au point de vue logistique. L’évaluation des risques pour la santé et l’élaboration de stratégies visant à contrer l’absentéisme peuvent représenter des défis de taille dans un contexte où existent d’autres priorités concurrentes.

À titre de conseiller, expliquer la valeur de ces programmes et démontrer le rendement généré peut aussi se révéler une tâche ardue.

Mais un nouveau rapport, The Wellness Dividend, How Employers can improve employee health and productivity, signé Graham Lowe, vient détailler la logique derrière le mieux-être des employés et offre des exemples concrets d’entreprises ayant instauré avec succès ce type de programmes.

Plus précisément, le document présente les mesures, petites ou grandes, qui peuvent être prises à cet égard, et comment les conseillers peuvent en tirer bénéfice.

1. Faire parler les chiffres

Puisque très peu d’entreprises canadiennes prennent la peine de calculer leur rendement en matière de santé au travail et d’initiatives de mieux-être, faites-le pour eux.

En principe, pour chaque dollar investi, le coût des soins de santé s’établit en moyenne à 3,27 $, et l’absentéisme, à 2,73 $. Toutefois, en l’absence de programmes, l’absentéisme et le présentéisme peuvent impacter sérieusement le bénéfice net d’une entreprise.

Selon le rapport, au cours d’une semaine ordinaire en 2011, 8,1 % des employés à temps plein se sont absentés au travail en raison de maladie, d’invalidité ou de raisons personnelles ou familiales (exception faite des congés de maternité). L’indice de perte de temps de travail lié à des raisons personnelles est ainsi passé de l’équivalent de 7,4 jours par employé en 1997 à 9,3 jours en 2011, soit plus de 100 millions de jours de travail perdus pour l’ensemble des effectifs à temps plein.

2. Expliquer l’importance de la santé mentale en milieu de travail

On reconnaît de plus en plus que davantage d’actions sont nécessaires afin d’encadrer les problèmes de santé mentale. Des centaines d’études confirment que les caractéristiques de l’emploi, l’environnement de travail et les facteurs organisationnels jouent des rôles déterminants dans le niveau de stress des employés, à l’instar des conflits de conciliation travail-famille.

Indubitablement, le stress professionnel, résultant d’un binôme liant exigences élevées et faible niveau de contrôle, se révèle à la fois nocif pour la santé des employés et coûteux pour les employeurs. La réduction du niveau de stress crée un environnement de travail plus productif, et peut être effectuée sans investissement important de la part de l’employeur.

3. Démontrer le lien entre mieux-être et productivité

Les récentes recherches révèlent les rapports étroits existant entre la satisfaction au travail, un indicateur clé du bien-être général, et la santé physique et mentale. Les employés investis dans leur travail ont des niveaux d’autonomie élevés et bénéficient d’un réseau de support constitué de collègues et de superviseurs, tous nécessaires à la réduction du stress en milieu de travail.

4. Détailler les pratiques d’intervention

En ciblant les employés à haut risque, les interventions liées aux mieux-être peuvent se traduire par des bilans de santé améliorés et des coûts de soins de santé réduits. Le rapport cite à cet effet l’exemple de l’initiative Tune Up Your Heart (TUYH), un programme de mieux-être cardiovasculaire instauré à l’usine de Chrysler Canada à Windsor, en Ontario. Issu d’un partenariat entre la compagnie, le syndicat Unifor, la section locale de santé publique, plusieurs professionnels de la santé, de la recherche médicale et de fournisseurs de données d’assurance, ledit programme a permis à 343 employés volontaires de recevoir un diagnostic de risque cardiovasculaire. En plus de recevoir une formation pertinente, les participants se sont aussi fixé des objectifs en matière de perte de poids, de cessation de fumer, de nutrition et d’activité physique.

5. Préparer votre accroche

Sur une période de 18 mois, les volontaires ont enregistré une baisse de risque cardiovasculaire de 12,7 %. Environ 75 % des économies réalisées par le reclassement des participants dans une catégorie moins à risque provenaient des réductions de prescriptions de médicaments.

Quelle est l’accroche pour le client? Le fait que les petites entreprises peuvent démarrer à leur échelle. Même un investissement modeste dans une campagne de mieux-être peut s’avérer profitable, à la fois en matière de rentabilité et de santé globale des employés.