andreypopov / 123RF

Dans une lettre envoyée au nouveau ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, le directeur-général de l’Association canadienne du commerce des valeurs mobilières (ACCVM), Richard Morin, soutient que la fiscalité, la réglementation et le manque de soutien des investisseurs institutionnels font obstacle à une économie financière québécoise plus vigoureuse.

Le manque à gagner est notamment causé par le peu de soutien offert aux entrepreneurs à la recherche de financement. La fiscalisation de l’aide financière, le biais négatif des investisseurs institutionnels envers les PME voulant se lancer en Bourse et la lourde réglementation seraient autant de facteur militant contre l’entrée de PME en Bourse.

Carlos Leitao, ministre des Finances du Québec

« Le bon fonctionnement du marché public des capitaux […] est un rouage essentiel de l’allocation des ressources financières vers les entreprises les plus dynamiques, génératrices d’emploi et de croissance. »

Alors que « la Bourse a permis à toute une génération d’entrepreneurs québécois de s’affirmer », poursuit M. Morin, citant entre autres les cas de Couche-Tard, Bombardier et Cascades, il y a présentement une « atrophie du marché de l’appel public à l’épargne au Québec et de l’écosystème financier qui le supporte ».

Les sociétés québécoises ne constituent que 7 % de tous les premiers appels publics à l’épargne (PAPE) effectués au Canada depuis cinq ans. L’an dernier, seules deux Québécoises se sont inscrites au TMX.

Ce peu d’engouement pour le marché boursier aurait « des conséquences à long terme sur le développement et la propriété de nos entreprises », écrit M. Morin.

UN SECTEUR FINANCIER AFFAIBLI 

Le manque d’entrepreneurs financiers est à la fois symptôme et cause du manque de candidats aux PAPE. Les petites émissions n’intéressent pas les grands courtiers, et il y a peu à se mettre sous la dent pour les petits courtiers.

D’où l’importance de faire intervenir davantage les investisseurs institutionnels comme les caisses de retraite dans la souscription de PAPE de petites entreprises. À l’heure actuelle, « la concentration des actifs entre les mains d’un nombre restreint de décideurs est donc un frein à l’appel public à l’épargne. Cette concentration favorise le conformisme et crée une inadéquation entre la taille des fonds à investir par les institutions et celle des premiers appels publics à l’épargne : ces derniers sont généralement de trop petite taille pour intéresser les grands gestionnaires ».

LA RÉGLEMENTATION 

Le cadre réglementaire serait particulièrement mal adapté aux petits joueurs du courtage, soutient M. Morin. « Pourtant, un écosystème financier en santé doit inclure de plus petites firmes qui assurent la diversité de l’offre de services et qui sont des joueurs incontournables dans les premiers appels publics à l’épargne. »

Les coûts toujours plus grands des PAPE, conjugués aux lourdeurs réglementaires, ont un impact d’autant plus grand sur l’industrie québécoise que son écosystème financier est moins diversifié, et donc moins résiliant aux fardeaux qui s’ajoutent, estime M. Morin.

Le lobby du courtage canadien conclut sa lettre à Carlos Leitao en faisant une série de recommandations « visant à réhabiliter l’appel public à l’épargne comme alternative de financement des entreprises québécoises ».