Environ 75 % des 2960 entreprises canadiennes du milieu des médias numériques étaient des PME, selon le recensement de 2008. Dans son étude Monétisation des médias numériques : tendances, informations clefs et stratégies efficaces, récemment publiée, l’Alliance interactive canadienne (AIC) identifie les processus pour tirer profit de ce type de contenu.

En 2008, ces 2960 entreprises employaient 52 000 personnes et généraient des revenus annuels totalisant 3,8 G$. Les petites entreprises, qui comptaient en moyenne quatre employés, généraient un revenu inférieur à 250 000 $, soit un peu moins que le tiers des entreprises moyennes, employant en moyenne 11 personnes et faisant état de revenus entre 250 000 $ et 1 M$.

L’étude se concentre surtout sur les jeux et les applications mobiles, mais tient aussi compte du contenu dit convergent, notamment celui qui prolonge ou complète une émission de télévision, par exemple. Elle a été financée par le Fonds des médias du Canada (FMC), la Société de développement de l’industrie des médias de l’Ontario (OMDC), le Fonds Bell, l’Office national du film du Canada (ONF) et Patrimoine Canada.

Ressources et modèles

Des sommités de l’industrie révèlent dans l’étude leurs stratégies et les modèles de monétisation les plus récents et efficaces. Le document offre également un survol des tendances mondiales récentes, des modèles clés utilisés et identifie les forces et faiblesses du contexte canadien. Sont ainsi analysés en détail les ressources offertes par les institutions financières, les crédits d’impôt, les fonds privés, les programmes gouvernementaux et le capital de risque.

On note ainsi que le Québec offre des prêts et des garanties de prêt aux entreprises spécialisées dans les modes d’interactivité et que des crédits d’impôt ciblant les projets de recherche et développement sont disponibles.

Évolution rapide, croissance continue

Comme le mentionne le rapport, « les médias numériques font l’objet d’une monétisation dans un écosystème complexe et en évolution rapide, ce qui exige une compréhension aiguë du comportement des consommateurs ainsi qu’un goût de l’expérimentation et du risque. »

À cet effet, quatre provinces sont citées pour leur fonds de capital de risque, soient-ils gérés directement depuis un ministère, à travers une division officielle ou un gestionnaire accrédité : l’Alberta (Alberta Enterprise et son fonds géré iNovia Capital), l’Ontario (Ontario Venture Capital Fund et son fonds géré Blackberry Partners Fund), le Québec (Investissement Québec et son fonds géré Teralys) et la Colombie-Britannique (BC Renaissance et son fonds géré VanEdge Capital).

Les fonds dédiés de capital de risque du Québec et de l’Ontario, soit le Fonds de la culture et des communications et le Emerging Technologies Fund, qui ont pour objectif d’investir en parité avec les anges financiers, sont aussi mentionnés à titre de ressources de premier ordre.

L’option prêt

Bien que l’étude souligne clairement que les banques ne sont pas des investisseurs, elle précise que la Banque Royale du Canada (RBC) et la Banque nationale (BN) ont respectivement développé des expertises internes au chapitre des médias numériques interactifs. Les prêts consentis sont ainsi souvent garantis en vertu d’arrangements avec Exportation et Développement Canada (EDC), organisme fédéral de crédit à l’exportation.

5 stratégies spécifiques au numérique

Dans leur quête de financement, les entreprises spécialisées en production de contenu numérique doivent tenir compte de cinq stratégies importantes :

  • Se concentrer sur le développement des affaires, l’expérience et les contacts ;
  • Exploiter son propre Internet Protocol (IP) ;
  • Miser sur une production innovatrice à même d’être reconnue dans le milieu ;
  • Orienter son développement vers les marchés internationaux ;
  • Générer plusieurs sources de revenus.

« La nouvelle étude est une composante clé de l’objectif du Fonds des médias du Canada (FMC) de fournir à l’industrie canadienne de médias numériques des renseignements pertinents sur l’industrie, a déclaré Valerie Creighton, présidente et chef de la direction du Fonds des médias du Canada. En appuyant la recherche stratégique sur l’industrie de la monétisation, le FMC vise à renforcer la capacité de l’industrie canadienne des médias numériques à continuer d’innover grâce à de nouveaux produits au bénéfice des Canadiens et des marchés mondiaux. »

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