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La forte concurrence dans le commerce de détail au pays mine la croissance de ses bénéfices, constate l’économiste en chef de la Banque de développement du Canada Pierre Cléroux dans la note économique de juin.

Se basant sur les plus récentes données industrielles, soient celles de 2012, Pierre Cléroux observe que l’arrivée des grandes marques américaines et le commerce électronique ont rendu les choses plus difficiles pour les détaillants canadiens.

« L’arrivée de ces nouveaux compétiteurs accroît la concurrence dans un marché où elle est déjà féroce », écrit celui qui est également vice-président de la BdC.

Ajoutons une récession à la situation, et les choses deviennent difficiles pour certains secteurs.

DES VENTES PEU PAYANTES

C’est le cas notamment des épiceries, « deuxième plus important secteur de l’industrie en termes de part de marché et premier en termes d’emplois », dont la marge bénéficiaire est la plus faible de tous les secteurs du commerce de détail. Ainsi, elles ont vu leur benefice d’exploitation reculer de 3,7 % par année depuis 2008.

Du côté des produits de santé et des soins personnels, des ventes en hausse n’ont pas réussi à pallier une baisse du bénéfice annuel moyen de 3,7 % depuis 2008. La hausse du salaire des pharmaciens serait en cause, selon Pierre Cléroux.

Pour les marchands de meubles et d’accessoires pour la maison, « c’est le recul des ventes au cours de la période observée, combiné à la hausse des dépenses d’exploitation, qui explique le recul du bénéfice » de 3,8 % par année en moyenne.

LES GAGNANTS

Il reste que certains secteurs s’en sont tirés mieux que d’autres : « Les stations-service, dont les ventes ont crû de 3,5% par année sur la période 2008-2012, ont enregistré une augmentation annuelle moyenne de 6 % de leur bénéfice d’exploitation ».

L’alimentation spécialisée et les boissons alcooliques, où les marges (28 %) sont les plus élevées de toute l’industrie, ont connu une hausse de 3,5 % du bénéfice annuel moyen depuis 2008.

Enfin, les détaillants d’électronique et d’appareil ménagers, de même que les détaillants de matériaux de construction et de jardinage ont très bien tiré leur épingle du jeu. Leurs ventes ont diminué depuis 2008, mais leurs bénéfices d’exploitation ont augmenté chaque année de 4,6 % et 3,5 %, respectivement.

« Cela s’explique par le recul du prix des biens vendus : la valeur des ventes a diminué, certes, mais le coût des marchandises vendues a reculé bien davantage, de sorte que les bénéfices ont augmenté », signale Pierre Cléroux.

RÉSULTATS POUR LE COMMERCE DE DÉTAIL, PAR SOUS-SECTEURS