Entrepreneur confiant regardant au loin.
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Malgré la pandémie qui n’en finit plus de finir, l’inflation qui dure plus longtemps que prévu et la pénurie de main-d’œuvre, les PME sont confiantes envers les perspectives de croissance de l’économie. Un sentiment qui se reflète sur leurs intentions d’investissement.

Selon une étude récente de BDC, 64 % des entreprises prévoient maintenir leur niveau actuel d’investissements alors que 20 % investiront davantage au cours des 12 prochains mois. Dans une proportion de 83 %, elles s’attendent à ce que leurs ventes augmentent ou demeurent inchangées. Étonnamment, ce sont les entreprises d’hébergement et de services de restauration, durement éprouvées durant la crise sanitaire, qui sont les plus optimistes face à l’avenir.

« Les PME expriment des intentions d’investissement qui sont supérieures à ce qu’elles étaient avant la pandémie », constate Pierre Cléroux, vice-président, Recherche et économiste en chef de BDC, qui enquête sur la question chaque trimestre.

« Après une baisse, on a vu les chiffres remonter tranquillement, ajoute-t-il. Les entreprises investissent principalement dans la machinerie et les équipements pour améliorer leur efficacité afin de contrer la pénurie de main-d’œuvre et aussi dans les technologies pour augmenter leur présence en ligne. »

Les entreprises des secteurs de l’hébergement et de la restauration quant à elles investissent pour développer de nouveaux types d’offres pour attirer la clientèle.

DIFFÉRENCES RÉGIONALES

À l’échelle du pays, c’est au Québec que la confiance dans l’économie est la plus élevée à 80 % (+ 13 points), devant les provinces de l’Atlantique (79 %) et l’Ontario (74 %). La moyenne nationale est de 74 %.

En ce qui a trait aux intentions d’investissements, elles atteignent un niveau record dans les provinces de l’Atlantique (92 %) et en Colombie-Britannique (90 %). Le Québec suit, pas très loin derrière, à 84 %, soit la moyenne canadienne.

« Grâce à la vaccination, les entreprises craignent moins qu’avant de vivre un autre confinement, explique M. Cléroux. Elles sont aussi encouragées par la forte demande envers certains biens. Une situation qui devrait s’améliorer encore en 2022 au fur et à mesure que les perturbations sur les chaînes d’approvisionnement, qui ont duré plus longtemps que prévu, seront résolues. »

UN ENJEU PERSISTANT : LA PÉNURIE DE MAIN-D’ŒUVRE

Pour la première fois depuis mars 2020, la difficulté à pourvoir leurs postes freine les investissements pour un plus grand nombre de chefs d’entreprise.

« La pénurie de travailleurs s’est aggravée en raison de la baisse de l’immigration depuis le début de la pandémie, ce qui a ralenti la croissance démographique, résume Pierre Cléroux. Même si on devrait revenir graduellement aux seuils d’immigration que l’on connaît habituellement, les difficultés de recrutement seront encore sérieuses en 2022, en raison des départs à la retraite de nombreux travailleurs. »

Selon l’économiste, face à cet enjeu persistant, les PME n’ont d’autres choix que de déployer un ensemble de solutions, que ce soit de mieux structurer le processus de recrutement, de s’afficher comme bon employeur et offrir de meilleures conditions de travail.

« Elles ont aussi intérêt à élargir leur bassin de recrutement en ciblant davantage les jeunes, quitte à investir temps et argent dans la formation pour les amener à développer de nouvelles compétences », conseille Pierre Cléroux.