Les entreprises financées par l’entremise de cette formule connaissent plus de succès que celles qui n’y font pas appel.

C’est du moins ce que conclut Industrie Canada dans une récente analyse des impacts que le financement par les capital risqueurs a sur les PME.

Ainsi, l’agence fédérale soutient avoir « prouvé que les entreprises financées par [capital de risque (CR)] réussissent mieux que celles qui ne le sont pas à prendre de l’expansion, tout au moins au cours des périodes d’un, de trois et de cinq ans après avoir reçu leur investissement initial de CR », peut-on lire dans Le rendement des entreprises canadiennes qui ont reçu du capital de risque, publié en juin 2013.

Selon Industrie Canada, les bénéficiaires de capital de risque affichent des salaires moyens plus élevés, un meilleur taux de survie et de meilleures perspectives de croissance.

Le capital de risque constitue une part importante de l’écosystème entrepreneurial québécois : des 1,5 milliard investis en 2012 au pays, 38 % l’ont été dans des entreprises de la Belle Province.

Concentrées dans les secteurs de pointe et d’innovation, comme les sciences de la vie et les télécommunications, les entreprises bénéficiaires de capital de risque sous étude sont des PME dégageant plus de 30 000 $ de revenus par année. De la microentreprise à la moyenne investissant dans la recherche et le développement, le CR s’adresse à plusieurs catégories d’entreprises.

C’est notamment sur la croissance d’une entreprise que le CR semble avoir le plus d’impact : au chapitre de la croissance cumulative des revenus, « les entreprises financées par CR affichent un meilleur rendement sur des périodes d’un, de trois et de cinq ans », rapporte Industrie Canada. Ainsi, après une première année de financement par CR, la croissance des revenus était de 53 %, par rapport à 29 % pour les entreprises non financées par le CR.

L’écart se creuse au fil des ans, alors qu’après trois ans, la croissance des revenus est presque double (94 %), comparativement à 37 % pour les autres PME.

Les salaires bénéficient également d’une forte poussée de croissance lorsqu’une PME fait appel au CR : toujours en termes de croissance cumulative, les salaires moyens des entreprises financées par CR étaient, cumulativement, de 8 % par rapport à 3 % pour les autres PME, et de 29 % par rapport à 19 % dans la 5e année.

C’est là une variable particulièrement importante, car « la réussite ou l’échec d’une jeune entreprise dépend dans une large mesure de la valeur ajoutée que lui apportent ses employés. Par conséquent, lorsqu’un rendement élevé est attendu du personnel, les salaires doivent être à la hauteur de ces attentes, surtout dans les entreprises qui connaissent une forte croissance », postule Industrie Canada.

Le taux de survie des bénéficiaires du CR est également plus important que celui de leurs concurrents qui n’en reçoivent pas. Après cinq ans, 76 % des PME financées étaient toujours en activité, par rapport à 67 % pour les autres. Mais il y a plus : « Dans leur cinquième année, les entreprises financées par CR avaient un taux de survie plus élevé que toutes les entreprises du groupe des secteurs professionnel, scientifique et technique, plus élevé que toutes les PME gagnant des revenus de plus de 30 000 $, et plus élevé que toutes les entreprises du secteur manufacturier », relève Industrie Canada, qui conclut ainsi que le financement par capital de risque influe sur la « croissance de l’emploi et des revenus » d’une PME.

« Cette étude montre aussi que la croissance du salaire moyen dans le temps est plus élevée dans les entreprises financées par CR – laissant entendre que ces entreprises contribuent à un plus grand nombre d’emplois à valeur ajoutée que les entreprises qui ne sont pas financées par CR », ajoute l’agence fédérale.

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