Les difficultés qu’éprouvent les femmes à concilier leur vies familiales et professionnelles freinent leurs ambitions entrepreneuriales, selon un rapport canado-américain publié la semaine dernière.

Le Conseil canado-américain pour l’avancement des femmes entrepreneures et chefs d’entreprises avait été annoncé par Justin Trudeau et Donald Trump lors de leur rencontre à Washington en février dernier, rappelle La Presse canadienne.

Dans son rapport, le Conseil propose notamment d’améliorer les politiques de soutien familial des deux côtés de la frontière pour inciter davantage de femmes à se lancer en affaires. Car si les Canadiennes, contrairement aux Américaines, bénéficient d’un programme national de congés parentaux, le rapport note que la conciliation travail-famille demeure difficile dans les deux pays.

Sans proposer une solution unique, le Conseil recommande la mise en place de politiques de congés de maternité, de crédits d’impôt et de congés de paternité pour partager davantage le fardeau de « l’économie domestique ».

Le rapport suggère également au gouvernement canadien de mettre en œuvre un programme semblable au programme américain d’approvisionnement favorisant les petites entreprises appartenant à des femmes. À l’heure actuelle, 5 % des contrats publics sont réservés à des entreprises appartenant à des femmes dans les secteurs où celles-ci sont généralement sous-représentées. À terme, les programmes des deux pays pourraient même être arrimés, facilitant ainsi l’obtention de contrats publics par les femmes entrepreneures des deux côtés de la frontière.

LES FEMMES PEU NOMBREUSES DANS LE MONDE DES AFFAIRES

Même si la situation tend à s’améliorer, seules 14 % des entreprises américaines comptant de 100 à 500 employés sont dirigées par des femmes, ce qui est tout de même deux fois plus qu’au Canada.

Comment encourager les femmes à lancer leur propre entreprise? En incitant les accélérateurs d’entreprises et les réseaux professionnels à adopter des « pratiques exemplaires » et à mesurer précisément la disparité de genre dans le monde des affaires.

Dans le climat tendu de scandales d’inconduites sexuelles, le rapport indique finalement que 41 % des hommes trouvent approprié d’aller prendre un verre avec une femme qui n’est pas leur conjointe, dans un contexte d’affaires par exemple, alors que seulement 29% des femmes se disent à l’aise avec cette idée. À la lumière de ces résultats, le Conseil craint que des réactions de surprotection n’isolent encore davantage les femmes d’affaires.

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