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Toutes les PME ne sont pas égales par rapport aux besoins de financement, révèle une récente étude d’Industrie Canada : leurs activités conditionnent le type de financement qu’elles nécessitent, mais également leurs chances d’en obtenir.

La Direction générale de la petite entreprise d’Industrie Canada propose ainsi un coup d’œil des taux de demandes et d’approbation relatifs aux deux principales sources de financement de la PME, le crédit et les marchés publics.

C’est le quart des quelque deux millions de PME canadiennes qui ont sollicité du financement par emprunt ou par capitaux propres pendant la dernière décennie, observe Industrie Canada.

Le crédit commercial est le plus populaire pour les PME, avec des taux de demande qui oscillent entre 14 % et 26 % selon les années.

Quant au financement par capitaux, réalisé essentiellement par l’entremise des appels publics à l’épargne, il constitue environ 2 % du financement demandé.

Le financement par emprunt provient du crédit bancaire, alors que le financement par capitaux propres est issu des investissements de la famille, des amis ou des employés, ainsi que du capital de risque et des fonds investissant en Bourse.

Pour la décennie 2000-2010, l’agence fédérale constate qu’il existe une lacune dans le type de financement auquel les PME ont accès : par exemple, en matière de crédit, près d’une PME sur cinq se voit refuser du crédit ou n’obtient pas les sommes demandées.

Avec les avantages du crédit viennent les inconvénients, selon les PME sondées par Industrie Canada. L’un des avantages importants réside dans le fait que les propriétaires peuvent radier leurs frais d’intérêt annuels à même leurs gains, réduisant leurs impôts. Les entrepreneurs conservent aussi le contrôle.

Des problèmes avec les flux de trésorerie rendent cependant les remboursements difficiles alors que le crédit augmente les risques financiers d’une PME.

La grande majorité des entreprises qui se financent de cette façon ont surtout besoin de financer des projets d’expansion. Il est également le fait des microentreprises, comptant moins d’une cinquantaine d’employés.

Le financement par capitaux, utilisé surtout par les moyennes entreprises qui veulent financer leurs projets d’exportation, comporte davantage de contraintes, et est donc plus difficile à obtenir.

Il faut notamment que les investisseurs s’engagent sur plusieurs années.

« Par conséquent, contrairement à la certitude associée aux paiements fixes et stables reçus par les investisseurs par emprunt, les investisseurs en capitaux propres pourraient ne recevoir aucun rendement du capital investi », peut-on lire dans le rapport.

Sans compter que pour la PME, il faut verser des dividendes, peu importe la situation économique.

Industrie Canada constate enfin que plus l’entreprise est petite et jeune, plus coûteux est son financement. Alors qu’une petite entreprise a obtenu des taux de près de 7 % pendant la décennie à l’étude, les moyennes entreprises s’en tiraient avec des taux allant jusqu’à 150 points de base de moins.

Un baume pour les petites boîtes, par contre : les garanties exigées sont beaucoup moins strictes pour elles que pour leurs grandes concurrentes.