La Presse accompagnait récemment le PDG du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, dans une brève tournée du Centre-du-Québec. L’occasion pour lui de mousser le rôle de la coopérative auprès des entreprises régionales… et de répondre à certaines critiques.

D’Inovem, le Centre d’innovation en ébénisterie et meuble du Cégep de Victoriaville, à Cétal, une entreprise d’économie sociale de Laurier-Station qui emploie 160 personnes handicapées pour effectuer des travaux industriels légers, Guy Cormier n’a eu de cesse de vanter le rôle de « bougie d’allumage » de Desjardins auprès des entreprises du Québec.

PROGRAMME DE SUBVENTIONS

Inovem a reçu une subvention de 150 000 dollars de Desjardins pour réaliser un nouveau laboratoire où des applications de réalité virtuelle et de réalité augmentée ont été adaptées à la commercialisation des produits des fabricants de meubles et de mobilier de cuisine.

Quant à Cétal, elle a touché une subvention de 500 000 dollars, soit près de 13 % du 4 M$ dont l’entreprise d’économie sociale a besoin pour réaliser son projet d’usine. On le devine, Guy Cormier s’avançait là en territoire ami.

Ce dernier est à l’origine d’un fonds de 100 millions de dollars visant à financer durant trois ans des initiatives dans les communautés où Desjardins est présente. Jusqu’à maintenant, 29 M$ ont été offerts en subventions à 109 projets.

« On a pris cet argent à même les surplus qu’on a réalisés en réduisant notamment nos coûts d’opération, explique Guy Cormier dans La Presse. On agit comme bougie d’allumage dans des initiatives qui touchent le monde entrepreneurial, l’éducation, ou qui ont un volet socioéconomique, comme notre participation de 250 000 $ dans la reconstruction de la salle de spectacle de Petite-Vallée. »

FERMETURE DE POINTS DE SERVICE

On peut presque y entendre une réponse indirecte aux nombreuses critiques auxquelles Desjardins a été confronté concernant, justement, sa présence dans les régions du Québec.

Dans les derniers mois, l’annonce de l’abolition de nombreux points de service avait soulevé la grogne des habitants. En février dernier, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) avait même demandé un moratoire sur les fermetures de guichets automatiques par Desjardins.

Son ancien dirigeant Claude Béland ne se prive pas lui non plus d’attaquer régulièrement son ancien mouvement. Il soutient depuis quelques années que les clients passent derrière les profits chez Desjardins et que le Mouvement a perdu son âme de coopérative pour devenir une banque comme les autres. Un refrain qu’il a notamment repris dans le Journal de Montréal en 2015 et à Radio-Canada en 2016 et 2018.

RÉPONSE AUX CRITIQUES

Dans La Presse, Guy Cormier rappelle que son mouvement gère toujours 2000guichets automatiques au Québec et plus de 1 000 points de services, dont près d’un tiers dans des municipalités de moins de 2 000 habitants. C’est plus que toutes les autres banques réunies.

Cependant, l’achalandage dans les succursales et les guichets automatiques est en chute libre depuis 2010 au profit des transactions électroniques. Valérie Lamarre, conseillère principale, relations publiques au Mouvement Desjardins, a d’ailleurs tenu des propos semblables en entrevue avec Conseiller en février dernier.

Ce qui ne veut pas dire que Desjardins compte être moins présent en région. Le PDG lui-même entend continuer de rencontrer régulièrement les entrepreneurs et les décideurs régionaux.

« Depuis que je suis président, j’ai fait 20 discours dans des chambres de commerce partout au Québec, évalue Guy Cormier. Je fais quatre ou cinq visites en région par mois et je roule 80 000 kilomètres par année. »

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