La chute du prix des produits de base a plombé l’optimisme des entreprises canadiennes, et ce, bien au-delà du secteur des ressources. Les intentions d’embauche et d’investissement ont même atteint leurs plus bas niveaux depuis 2009, selon une enquête de la Banque du Canada (BdC).

Les cours faibles des produits de base constituent un défi de taille pour de nombreuses entreprises, les répercussions négatives du choc se faisant de plus en plus sentir dans la plupart des régions et des secteurs. Le nombre de projets visant à accroître la capacité de production a diminué, bien des firmes se contentant de réparer ou de remplacer leur matériel.

Parmi les facteurs freinant leurs investissements, ceux les plus souvent cités sont les préoccupations au sujet de la vigueur de la demande intérieure, l’incertitude entourant la réglementation et la fiscalité, la demande étrangère encore insuffisante et la faiblesse des prix des produits de base.

Par ailleurs, moins d’entreprises envisagent d’accroître leurs effectifs au cours des 12 prochains mois, tandis que les plans de compression de personnel sont plus répandus. La nécessité de diminuer les coûts dans un contexte difficile et la volonté de réaliser des gains d’efficience sont les principales raisons évoquées par les entreprises qui envisagent de réduire leur nombre d’employés. La pénurie de main-d’œuvre est également perçue comme moins marquée par la plupart des firmes.

LES EXPORTATEURS PLUS OPTIMISTES

Le moral est meilleur chez ceux qui brassent des affaires à l’étranger en raison du renforcement de la demande internationale. Les entrepreneurs dont les activités ne sont pas liées aux produits de base prévoient d’ailleurs augmenter leurs investissements à la faveur de la dépréciation du dollar canadien.

Les indicateurs des ventes futures se sont aussi améliorés au cours de la dernière année pour les firmes tributaires des marchés étrangers, alors que les commandes et les demandes de renseignements de clients du Canada ont diminué.

Presque tous les entrepreneurs sondés par la Banque du Canada s’attendent à ce que l’économie américaine progresse durant la prochaine année et près de la moitié d’entre eux, en particulier des firmes manufacturières, estiment que cette croissance stimulera leurs ventes.

ACCÈS PLUS DIFFICILE AU CRÉDIT

L’enquête de la Banque du Canada a également révélé que les conditions de crédit aux entreprises se sont légèrement resserrées au quatrième trimestre, une situation principalement attribuable à un durcissement des modalités non tarifaires, les modalités tarifaires étant demeurées pratiquement inchangées.

Cela dit, cet accès au crédit plus restreint ne touche pas l’ensemble des entreprises canadiennes et se concentre presque exclusivement dans le secteur pétrolier et gazier. Les changements observés sont en outre plus importants pour les grandes sociétés que pour les PME.

L’accès au marché des capitaux s’est pour sa part détérioré dans le cas des emprunteurs à risque plus élevé, mais est resté inchangé pour les emprunteurs à plus faible risque.

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